Politique

Cameroun : après les émeutes, retour au calme à Douala

| Écrit par Armelle Nya, à Douala
Les motos-taxis de Douala, une véritable institution.

Les motos-taxis de Douala, une véritable institution. © Verni22im/flick'r/CC

Suite à la mort par arme blanche d’un jeune homme de 32 ans dans la nuit du 31 décembre au quartier Déido à Douala, de violents affrontements ont opposé pendant 5 jours des habitants aux chauffeurs de motos-taxis. Le jeudi 5 janvier, malgré un retour au calme, la police et la gendarmerie n’ont pas levé leurs dispositifs de sécurité dans la zone.

Dans la nuit du 31 décembre, un jeune homme de 32 ans a été poignardé autour de 4 heures du matin par un agresseur roulant à moto. En colère, les jeunes Camerounais de Déido, quartier populaire situé au sud de Douala, ont décidé d’interdire l’accès de leur quartier aux conducteurs de motos-taxis tenus pour responsables présumés de l’assassinat du jeune homme. Le refus d’obtempérer de ces derniers a alors déclenché un face à face violent.

Le 5 janvier au matin, soit cinq jours après le drame, plus de 300 éléments des forces de sécurité camerounaises bouclaient encore les principales entrées de Déido, malgré l’arrêt des affrontements entre bandes rivales. « Nous lèverons notre dispositif que lorsque tous les esprits se seront calmés. Nous attendons le signal des autorités administratives pour retourner dans nos unités respectives », a indiqué un officier de police venu du commissariat central n°1 de Douala. Arme au poing, lui et ses hommes ont passé le plus clair de la journée de jeudi à déjouer les tentatives des conducteurs de moto-taxis de rentrer dans le quartier.

Appel au calme

Entre mercredi et jeudi, responsables traditionnels toutes tribus confondues, leaders politiques du pouvoir comme de l’opposition, religieux de tous ordres, ont donné de la voix, en invitant toutes les parties en conflit au calme. Sa majesté Ekwalla Essak, chef du canton Déido, théâtre des événements, a affirmé qu’il n’y avait aucun conflit tribal entre autochtones douala de Déido, et les ressortissants bamiléké, qui constituent le gros des conducteurs de motos-taxis dans la capitale économique du Cameroun. Aussi a-t-il appelé les deux camps à déposer les gourdins.

Les chefs des différentes communautés vivant à Douala, ville cosmopolite, ont tenu des réunions séparées, après une concertation générale, organisée par le gouverneur de la région du Littoral, Faï Yengo Francis. « Il faut que nous nous mettions ensemble pour parler aux jeunes qui se battent », avait préconisé auparavant Françoise Foning, maire de la commune de Douala 5e, réputée proche des conducteurs de moto-taxis.

Interpellations

Le préfet du département du Wouri, Bernard Okalia Bilaï, a affirmé que, après la retenue observée par les éléments des forces de sécurité durant toute la durée des affrontements, l’administration camerounaise allait désormais prendre ses responsabilités « en procédant à des interpellations ». Message bien reçu par les manifestants des deux camps, qui n’ont pas défié la police et la gendarmerie.

Jeudi soir, un arrêté préfectoral a été signé, qui interdit la circulation des moto-taxis au quartier Déido. Le préfet Okalia précise que cette mesure restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. On attend maintenant de voir si l’interdiction sera respectée par les moto-taximen, passés maîtres de la rue à Douala. Les responsables des syndicats du secteur ont été invités à parler à leurs « troupes ».

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Par Armelle Nya, à Douala

 

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