Politique

Révolution tunisienne : Mohamed Ghannouchi révèle les dernières paroles de Ben ali avant sa fuite

Mis à jour le 13 janvier 2012 à 09:18

Alors que les Tunisiens s’apprêtent à fêter le premier anniversaire de la révolution qui a chassé Ben Ali du pouvoir le 14 janvier 2011, Mohamed Ghannouchi, l’ancien Premier ministre, en a profité pour révéler jeudi 12 janvier, les propos échangés avec le président déchu le jour de son départ.

« Ils n’arriveront à rien, quitte à ce qu’on en tue mille ou plus ». C’est en ces termes que se serait exprimé l’ancien président tunisien le matin du 14 janvier 2011, évoquant les manifestants réclamant son départ. Les propos prononcés par Zine el Abidine Ben Ali le jour de sa chute ont été rapportés par l’ancien Premier ministre Mohamed Ghannouchi jeudi 12 janvier sur la chaîne nationale tunisienne.

Ce 14 janvier, des centaines de manifestants se sont rassemblés sur l’avenue Bourguiba, dans la capitale tunisienne, pour réclamer le départ du Raïs.

« J’étais sous le choc. Je découvrais un autre homme que celui avec qui je travaillais depuis des années » a expliqué Mohamed Ghannouchi. Le Premier ministre aurait, selon ses dires, tenté de convaincre Ben Ali que tuer « mille » Tunisiens n’était « pas la bonne solution », mais qu’il fallait « mettre en oeuvre des mesures pour le développement et contre la corruption ».

"Bain de sang"

« On en parlera après », aurait rétorqué Ben Ali. Par désaccord avec le président, le Premier ministre décide alors de quitter son poste, afin de « ne pas être complice » de la répression sanglante voulue par le président.

Puis vers 17h ce même jour, Mohamed Ghannouchi reçoit un coup de téléphone d’un haut gradé militaire qui lui dit: « Ben Ali est parti, le pays est entre tes mains. Si tu n’assumes pas, il va y avoir un bain de sang ». Deux heures plus tard, ce 14 janvier 2011, Mohamed Ghannouchi déclare à la télévision assurer l’intérim de la présidence en remplacement de Ben Ali.

Le président tunisien déchu s’est envolé vers l’Arabie Saoudite, en compagnie de sa femme Leïla Trabelsi et de quelques proches, via l’aéroport militaire de Carthage. Un départ précipité après 23 ans de pouvoir sans partage, advenu dans des circonstances encore mal connues.

Mohamed Ghannouchi est nommé Premier ministre deux jours plus tard et gouvernera jusqu’au 27 février, date à laquelle il démissionne sous la pression de la rue.

(Avec AFP)