Politique

Nord-Mali : après Ménaka, les rebelles touaregs attaquent Aguelhok et Tessalit

Mis à jour le 18 janvier 2012 à 16:05

Après Ménaka, Aguelhok et Tessalit. Le Nord-Mali connaît ses premiers affrontement avec des rebelles touaregs depuis 2009. Une résurgence des hostilités qui n’est pas sans rapport avec la chute de Kadhafi et le retour de nombreux mercenaires touaregs dans l’Azawad.

Après l’attaque de la ville de Ménaka, qui a fait plusieurs morts mardi, un groupe de rebelles touaregs du Mouvement de libération national de l’Azawad s’en est pris ce mercredi à deux autre villes du Nord-Mali : Aguelhok et Tessalit.

L’assaut sur Aguelhok, ville située entre Kidal et Tessalit, près de la frontière algérienne, a commencé à 5 heures (locales et GMT) du matin. Un habitant joint par l’AFP avait déclaré entendre « des échanges de coups de feu entre un groupe de rebelles touareg et l’armée malienne (…), des détonations d’armes lourdes vers le camp militaire ».

« À Aguelhok, les rebelles approchent dangereusement du camp militaire. Il faut un renfort en troupes, sinon le camp va tomber. Peut-être même qu’il est déjà tombé », a affirmé un fonctionnaire de la ville dans l’après-midi, alors que d’autres combats éclataient simultanément à Tessalit.

"Déloger l’armée malienne"

« Actuellement, les rebelles sont en train d’attaquer le camp militaire de Tessalit. Ça tire à l’arme lourde », a indiqué un fonctionnaire de la préfecture de Tessalit. « Notre objectif est de déloger l’armée malienne de plusieurs villes du Nord », a déclaré Moussa Salam, qui se présente comme l’un des porte-parole du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Les affrontements de Ménaka ont fait « plusieurs morts et blessés » du côté des rebelles, selon le gouvernement malien, et « un mort » au sein de l’armée malienne qui a fait intervenir des hélicoptères de combat pour bombarder les positions des Touaregs. Dans un communiqué publié mardi soir, le gouvernement a accusé les assaillants d’être « des militaires rentrés de Libye, auxquels se sont joints d’autres éléments se faisant connaître sous l’appellation MNLA ».

Le MNLA est un mouvement politico-militaire sans leader connu, né fin 2011 de la fusion de groupes rebelles, dont le Mouvement touareg du Nord Mali (MTNM) d’Ibrahim Ag Bahanga, mort officiellement l’an dernier dans un accident de la route. « Cette nouvelle organisation a pour objectif de sortir le peuple de l’Azawad de l’occupation illégale du territoire azawadien par le Mali », indiquait son premier communiqué publié le 16 octobre 2011.

(Avec AFP)