Politique

Nord-Mali : les attaques de rebelles touaregs se poursuivent, l’armée réagit

Des soldats patrouillent dans une ville du nord du Mali, en 2006, après une attaque de Touaregs. © AFP

Depuis deux jours, les rebelles touaregs maliens ont déclenché les hostilités dans plusieurs villes du nord du pays, une première depuis la fin des affrontements avec l'armée régulière en 2009. Après avoir attaqué la ville de Ménaka mardi 17 janvier, ils s'en sont pris à Aguelhok et Tessalit. Des assauts fermement condamnés par l'Union africaine.

Les rebelles touaregs entendent poursuivre leurs attaques des villes du nord-est du Mali, menées les 17 et 18 janvier. Au lendemain d’un assaut sanglant sur Ménaka (près de la frontière nigérienne), qui a fait « plusieurs morts et blessés » du côté des rebelles et « un mort » dans les rangs de l’armée malienne selon les autorités, ils s’en sont pris mercredi 18 janvier à deux autres villes, Aguelhok et Tessalit. Selon une source sécuritaire interrogée par Jeune Afrique, un autre militaire malien a trouvé la mort hier pendant les combats à Tessalit.

Aucun bilan officiel n’était cependant disponible mercredi soir sur les combats d’Aguelhok et Tessalit. Une source militaire à l’état-major régional de Gao (nord-est) a de son côté affirmé mercredi après-midi que l’armée avait fait « reculer » les rebelles à Aguelhok et Tessalit, alors que des renforts étaient arrivé du côté de Ménaka.

Présentés par le gouvernement malien comme des combattants rentrés récemment de Libye où ils soutenaient le colonel Mouammar Kadhafi et des membres du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), les rebelles ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Ils ont affirmé mercredi vouloir s’attaquer à d’autres localités. « Notre objectif est de déloger l’armée malienne de plusieurs villes du Nord », a menacé un de leurs porte-parole, se présentant comme « Moussa Salam ».

"Traquer les criminels"

Ces assauts sont les premiers de ce type depuis l’accord de 2009, qui prévoyait la fin de la rébellion.

Et l’armée malienne compte bien réagir fermement. « Les instructions sont fermes : ne pas toucher aux civils, mais traquer avec la dernière énergie les criminels », a expliqué un officier, le lieutenant Oumar Touré, précisant que l’armée ne laisserait « personne toucher à la souveraineté du Mali ».

D’ores et déjà, l’armée a renforcé la sécurité dans la ville de Kidal, située au sud-est d’Aguelhok et Tessalit, selon des témoins.

Jean Ping, le président de la commission de l’Union africaine (UA) a tout de suite exprimé « le plein soutien de l’UA aux efforts du gouvernement malien, ainsi qu’aux mesures prises pour faire face à la situation et restaurer immédiatement la paix et la sécurité dans les zones concernées ».

Il a condamné « avec la plus grande fermeté » les attaques des rebelles, tout comme la France, qui a souligné que « l’usage de la force n’est pas une solution ».

Processus de paix

Communauté nomade d’environ 1,5 million de personnes, les Touaregs, membres de diverses tribus, sont répartis entre le Niger, le Mali, l’Algérie, la Libye, le Burkina Faso. Au Mali, des centaines d’entre eux sont rentrés de Libye lourdement armés après le conflit ayant abouti à la chute de Mouammar Kadhafi, qui les avait accueillis et auprès duquel ils ont combattu.

Si certains membres de la rébellion ont intégré le processus de paix offert par le gouvernement du président malien Amadou Toumani Touré, d’autres l’ont rejeté ou bien n’ont pas pris position. Parmi ceux-là, les rebelles du MNLA un mouvement politico-militaire sans leader connu, né fin 2011 de la fusion de groupes rebelles, dont le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM) d’Ibrahim Ag Bahanga, mort officiellement l’an dernier dans un accident de la route.

(Avec AFP)

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