Politique

Union africaine : le Nigeria candidat à la présidence tournante ?

Officiellement, seul le Bénin est candidat à la présidence tournante de l’Union africaine (UA), la Gambie et la Guinée s’étant désistées. Mais le Nigeria se serait dit intéressé… Bluff ou réponse à la volonté hégémonique de l’Afrique du Sud, qui lorgne la Commission ? Le sommet des chefs d’État africains, qui se tient à Addis Abeba du 29 au 30 janvier, permettra de trancher.

Mis à jour le 26 janvier 2012 à 11:27

Qui sera le prochain président de l’Union africaine ? Réuni en sommet dimanche et lundi prochains à Addis Abeba, les chefs d’État et de gouvernement du continent devraient désigner le successeur de l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema. La logique géographique veut que ce poste revienne a l’Afrique de l’Ouest. Banjul, Conakry et Cotonou étaient officiellement candidats mais ces derniers jours, la Gambie et la Guinée ont fait savoir au Bénin qu’elle se désistaient. Pour autant, le président béninois Boni Yayi n’est pas assuré de l’emporter. En coulisses, il se murmure en effet que le Nigeria pourrait vouloir prendre la tête de l’UA pendant un an – information qui a surpris à Cotonou, où l’on interprète cette décision comme une réponse d’Abuja à Pretoria, qui revendique cette fois la présidence de la Commission de l’UA. Les deux instances ne sont pas directement liées, mais il n’est un secret pour personne que le Nigeria de Goodluck Jonathan voit d’un mauvais œil les ambitions sud-africaines. Boni Yayi, qui peut se prévaloir du soutien des pays du Conseil de l’entente (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Niger et Togo) mais qui aura du mal, le cas échéant, à s’aligner face à Abuja, en fera-t-il les frais ? Réponse le 29 janvier.

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Par Anne Kappès-Grangé, envoyée spéciale à Addis Abeba