Politique

Algérie : décès du général Lamari, l’ex-homme fort de l’armée

Le général Mohamed Lamari, le 8 novembre 2001 à New Delhi.

Le général Mohamed Lamari, le 8 novembre 2001 à New Delhi. © Prakash Singh/AFP/Archives

L’ancien chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Mohamed Lamari, est décédé lundi 13 février d’une crise cardiaque. Il incarnait l’aile dure du régime face aux islamistes armés durant la guerre civile déclenchée en 1992 par l’arrêt du processus électoral et le refus de la victoire du FIS aux législatives.

L’ancien homme fort de l’armée algérienne des années de braise, Mohamed Lamari, s’est éteint lundi à l’âge de 73 ans, victime d’un arrêt cardiaque à Biskra (420 km au sud-est d’Alger). Il avait été peu avant transféré à l’hôpital après un malaise, a précisé son frère Khaled.

« C’était un grand dirigeant de l’armée nationale populaire (ANP). Nous allons transmettre un message de condoléances à sa famille », a aussitôt déclaré Kassa Aïssi, le porte-parole du Front de Libération Nationale (FLN, ex-parti unique). Ancien officier de l’armée française, Lamari avait déserté pour rejoindre en 1961 les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), qui avait mené la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962).

Pilier du camp laïc et républicain

Né en juin 1939 à Alger, Lamari avait été formé à l’académie militaire de Moscou. Il avait tout d’abord exercé les fonctions de commandant de la 5e région de Constantine (nord-est), avant de devenir commandant en chef des forces terrestres. Une fonction qu’il occupa jusqu’en 1992, date à laquelle il devint pour quelques mois le conseiller du ministre de la défense de l’époque, Khaled Nezzar.

Puis il avait été nommé chef d’état-major de l’armée algérienne en 1993 au moment où les violences des groupes islamistes armés étaient à leur paroxysme en Algérie. Considéré comme un pilier du camp « laïc » et républicain, il a alors dirigé un corps spécial antiterroriste formé des élites de l’armée, de la gendarmerie et de la police chargé de la lutte contre les islamistes.

En juillet 2002, Lamari avait reconnu que l’armée s’était « immiscée » par le passé « dans les problèmes politiques » du pays, notamment à partir de 1992 quand les élections législatives avaient été annulées sous la pression des militaires alors qu’elles étaient sur le point d’être remportées par le Front islamique des salut (FIS, dissous).

La voix de l’armée algérienne

En août 2004, trois mois après l’élection du président Abdelaziz Bouteflika pour un deuxième mandat, Lamari avait démissionné de son poste de chef d’état-major de l’armée, officiellement pour « raison de santé ». Nombre d’observateurs à Alger avaient cependant vu dans son départ l’opportunité pour le chef de l’État de conforter sa position face à l’armée, considérée 40 ans durant comme la véritable détentrice du pouvoir en Algérie, imposant traditionnellement son candidat à la présidence de la République.

Lamari avait été le seul dirigeant militaire à s’exprimer publiquement sur la neutralité de l’armée. Il avait notamment affirmé en 2004 que celle-ci se cantonnait à présent dans les missions qui lui étaient dévolues par la Constitution, « ni plus ni moins ».

(Avec AFP)

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