Politique

Sénégal : l’opposition dans le creux de la vague ?

Cheikh Tidiane Dieye, membre du M23, à Dakar le 10 février 2012. © AFP

Le sit-in permanent que le collectif de rappeurs "Y'en a marre" voulait organiser à Dakar sur la place de l'Obélisque a été purement et simplement interdit par la police. Pendant ce temps, alors que la campagne pour la présidentielle du 26 février bat son plein au Sénégal, l'opposition semble s'être dispersée sous l'effet des ambitions individuelles de ses leaders.

L’opération Fanaan (veillée en wolof) devait permettre aux jeunes militants du collectif de rappeurs Y’en a marre de se rassembler en permanence sur la place de l’Obélisque à Dakar, à partir de mardi. Raté : à la dernière minute, les autorités sénégalaises ont finalement interdit le sit-in. Dès 10 heures du matin, le site a été bouclé par un imposant dispositif policier.

« On nous a avertis à la dernière minute que le rassemblement était interdit », a déploré devant la presse un des rappeurs du mouvement, Simon, qui était venu en fin d’après-midi exposer la situation, en compagnie de son collègue Kilifeu et sous l’œil de policiers prêts à intervenir. « Nous avons fait deux manifestations ce week-end à cet endroit sans aucun incident. Nous avions prévenu les autorités (pour ce mardi). Mais dans quel pays vit-on ? » s’est-il exclamé. Avant de promettre qu’un « nouveau mot d’ordre serait bientôt annoncé ».

Seules quelques dizaines de jeunes étaient toujours présents en fin de journée aux abords de la place, avant de se disperser tandis que les deux responsables de « Y’en a marre » quittaient les lieux. La mobilisation des contestataires est-elle en perte de vitesse ? C’est ce que l’on pourrait croire. Mais en réalité, l’opposition semble s’être surtout dispersée en raison des objectifs personnels poursuivis par chaque candidat à la présidentielle, alors que la campagne électorale bat son plein.

Plus de meetings communs

Réunie au sein du Mouvement du 23 juin (M23), l’opposition ne tient pour le moment plus de meeting commun. La campagne se fait classique : caravanes, discours, promesses, meetings en province… « Les leaders candidats du M23 ont fait leur bilan, ils ont décidé de décliner leur programme auprès de l’électorat », reconnaît un porte-parole de la coalition, Abdoul Aziz Diop. « Mais ils restent à l’écoute du M23 pour toutes les manifestations que nous allons organiser », ajoute-t-il. Selon lui, une assemblée générale du mouvement était prévue mardi soir pour lancer un nouveau mot d’ordre de manifestation mercredi.

Pendant ce temps, le président Abdoulaye Wade enchaîne les meetings dans le pays, avec des moyens à faire pâlir d’envie les autres prétendants. Le chef de l’État se pose en « candidat des grands projets, de la construction nationale et de la paix », tout en dénigrant l’opposition qui n’a selon lui « ni idée ni programme ».

(Avec AFP)

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