Diplomatie

Guinée-Équatoriale : perquisition au domicile parisien du fils de Teodoro Obiang Nguema

Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président de Guinée Équatoriale, le 24 janvier 2012.

Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président de Guinée Équatoriale, le 24 janvier 2012. © AFP

L’hôtel particulier du fils du président équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a été perquisitionné mardi 14 février à Paris. Une opération spectaculaire qui intervient dans le cadre d’une enquête visant les acquisitions de patrimoine en France par trois chefs d’État africains.

L’intéressé n’était pas dans les lieux, mais une perquisition a bien été menée mardi 14 février au domicile parisien de Teodoro (dit Teodorin) Nguema Obiang Mangue, le fils de président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema. Menée par deux juges d’instructions et les policiers de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), l’opération intervenait dans le cadre d’une enquête sur les « biens mal acquis » en France par des chefs d’États africains.

Sur la très chic avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de Paris, un camion de déménagement été garé devant l’entrée de l’hôtel particulier de six étages. Et la perquisition a été réalisée malgré les réclamations de certains des occupants de l’immeuble, qui invoquaient l’immunité diplomatique.

« Cet immeuble appartient à l’État équato-guinéen et non à la présidence », a protesté sur place l’avocat de la Guinée Équatoriale, Me Olivier Pardo, précisant que le changement de propriété était intervenu en octobre. « Je suis venu protester de la façon la plus vive car nous considérons qu’il s’agit du territoire de la Guinée équatoriale par le principe de souveraineté. C’est une mission diplomatique. Nous contestons absolument les opérations qui sont en train de s’y dérouler », a fustigé l’avocat, dénonçant une « atteinte grave aux principes diplomatiques internationaux ».

Protestations officielles

Décrite en 2011 par le quotidien français Libération comme une propriété de 2185 m2, la batisse hébergerait, selon Me Pardo, « la représentante de la Guinée Équatoriale auprès de l’Unesco ». Celle-ci, « contrainte et forcée » de quitter les lieux, a adressé une protestation officielle auprès du ministère des Affaires étrangères et de la présidence française.

« Cet appartement relève du droit commun », s’est expliqué le Quai d’Orsay qui ne peut visiblement pas faire grand chose face à l’indépendance de la justice française. Depuis décembre 2010, les juges Roger Le Loire et René Grouman enquêtent sur les acquisitions d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois présidents africains.

La justice souhaite en particulier déterminer si les biens acquis par le président congolais Denis Sassou Nguesso, le défunt chef d’État gabonais Omar Bongo Ondimba et Teodoro Obiang Nguema relèvent du recel et du blanchiment de détournement de fonds publics étrangers. En septembre 2011, plusieurs véhicules appartenant à la famille du président équato-guinéen avaient déjà été saisis. Aujourd’hui, les juges se concentrent particulièrement sur de nouvelles acquisitions.

Selon de récentes affirmations des enquêteurs, le patrimoine de la famille Obiang se serait agrandi. Le fils du président équato-guinéen aurait notamment acquis plusieurs œuvres d’art lors de la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en février 2009, pour un total de 18,35 millions d’euros. Ces pièces auraient été payées par « la Somagui Forestal, société forestière sous contrôle de Teodoro Nguema Obiang, ministre de l’Agriculture et des Forêts qui est à l’origine des virements », souligne dans une note la cellule anti-blanchiment de Bercy.

(Avec AFP)
 

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