Politique

RDC : première session de l’Assemblée nationale sous haute tension à Kinshasa

| Par Jeune Afrique
Des manifestants face aux forces de l'ordre à Kinshasa, le 7 décembre 2011.

Des manifestants face aux forces de l'ordre à Kinshasa, le 7 décembre 2011. © Gwenn Dubourthoumieu

La session extraordinaire de la nouvelle Assemblée nationale congolaise issue des élections controversées du 28 novembre 2011 coïncide ce jeudi avec la « marche des chrétiens » à Kinshasa. Une manifestation de protestation contre les résultats des derniers scrutins en RDC, qui a été interdite mercredi par le gouverneur de la ville.

La première session de la nouvelle Assemblée nationale se tient en principe ce jeudi au Palais du peuple, à Kinshasa. Une plénière consacrée à l’installation du bureau provisoire qui doit être dirigé par l’élu le plus âgé, Timothée Kombo Nkisi, pourtant membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de l’opposant Étienne Tshisekedi, l’autoproclamé « président élu » qui rejette les résultats des législatives.

Le même jour, l’archidiocèse de Kinshasa a prévu d’organiser une « marche des chrétiens » pour dénoncer les résultats des dernières élections présidentielle et législatives, qu’il juge « non conformes à la vérité des urnes ».

Marche "pacifique"

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, a cependant indiqué mercredi que la manifestation, qui se voulait « pacifique », n’était pas autorisée pour non respect de la procédure légale. « On ne sait pas identifier exactement qui sont les organisateurs de cette marche », a ajouté Lambert Membe, porte-parole du gouvernement congolais.

Pour les autorités congolaises, la structure organisatrice de la manifestation, le Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques du Congo (CALCC), n’est pas reconnue comme une association agréée en RDC. André Kimbuta ajoute que les organisateurs ont également envoyé leur lettre de notification de la marche en retard.

Pour que "la vérité des urnes éclate au grand jour"

L’opposition politique congolaise, elle, appuie « l’action des chrétiens ». Jean Lucien Busa du Mouvement de libération du Congo (MLC) a expliqué que cette manifestation réclame que « la vérité des urnes éclate au grand jour ».

Autre mesure montrant l’inquiétude des autorités : à la veille de la « marche pacifique » interdite, le ministre de la Communication a coupé les signaux de trois médias dont deux de l’opposition et un de l’église catholique. « Une mesure administrative », se justifie Lambert Membe.

Tous les ans, le 16 février, la RDC organise une manifestation en mémoire des chrétiens tués lors de la marche de 1992 organisée par l’église catholique pour protester contre la décision de Mobutu Sese Seko, alors président de la république, de mettre fin à la Conférence nationale souveraine. Vingt ans plus tard, la société congolaise est-elle plus apaisée ?
 

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