Tourisme

Djibouti : Massida accélère son développement régional

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Le transitaire Massida gère les sorties des marchandises des ports et des aéroports.

Le transitaire Massida gère les sorties des marchandises des ports et des aéroports. © Massida

Leader dans les activités de transit et de déménagement à Djibouti, l’entreprise familiale Massida se lance dans l’assistance maritime et le tourisme d’affaires pour accélérer son développement régional.

Massida ajoute une corde à son arc. « Le troisième plus gros transitaire de Djibouti », selon Reuben Ahronee, son directeur général, 35 ans, est devenu en mars le représentant officiel de FedEx – l’un des plus grands spécialistes de la livraison de colis express du marché – dans le pays. Son contrat le plus important : l’approvisionnement (courrier, nourriture, équipements…) de la base américaine installée à Djibouti depuis 2002.

« C’est une carte très importante pour nous, car elle renforce notre crédibilité sur les marchés locaux et internationaux », explique le responsable, qui est aussi le gendre d’André Massida (lui-même fils de Jean, le fondateur). Cette « affiliation » à FedEx fait suite à celles réalisées récemment avec de grands réseaux de logistique tels que le suisse Panalpina ou l’émirati GAC. Elle correspond à la volonté de Massida de développer ses activités dans la sous-région, de l’Éthiopie à l’Ouganda, en passant par le Kenya et le Soudan du Sud. « Djibouti est un marché restreint en taille certes, mais situé au bon endroit », estime Reuben Ahronee.

Reuben Ahronee, le directeur général, envisage d’ouvrir prochainement un quatre-étoiles.

Flottes de guerre

Depuis sa création, dans les années 1950, la société de transport Massida Logistics s’est transformée. Fondée à Saigon (Vietnam) par Jean Massida, elle débarque à Djibouti au début des années 1960, sur les pas de l’armée française, pour acheminer les bagages des troupes stationnées dans le pays. Demeuré l’un des déménageurs officiels des forces françaises de Djibouti, Massida Logistics est leader dans ce secteur, avec une part de marché estimée à 60 %. Ce qui ne l’a pas empêché de varier les plaisirs ces dernières années. Il lui fallait s’imposer sur un marché national très concurrentiel, qui a vu – en moins d’une décennie – le nombre de logisticiens passer d’une dizaine à plus de 200, dans la foulée du développement économique de l’Éthiopie voisine. Pour ce faire, l’opérateur a investi dans une flotte de onze camions flambant neufs.

Arrivé en 2007, son directeur général – influencé par la culture américaine après des études aux États-Unis – a multiplié les champs d’activité du groupe. Aux services de transit et de déménagement international – qui représentent encore 50 % de ses résultats -, la société a ajouté la fonction d’agent maritime (gestion des formalités administratives et des douanes) pour les flottes militaires situées dans la région. Elle gère à présent 55 % des escales des différentes marines de guerre dans le port de Djibouti, parmi lesquelles l’US Navy ou les bâtiments envoyés dans le golfe d’Aden par l’Otan, dans le cadre de sa mission de lutte contre la piraterie. « À l’occasion, nous nous occupons également des navires repris aux pirates qui viennent ici pour réparer », précise Ahronee. La société s’est aussi lancée, ces toutes dernières années, dans le secteur très lucratif du soutien logistique aux entreprises qui lancent de grands projets gaziers en Éthiopie.

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Nouveau virage

Pour souligner sa logique de diversification, Massida a remplacé « Logistics » par « Group » dans son nom. Il a également inauguré une filiale en 2011, Massida Smart Solutions (MSS). Spécialisée dans la représentation de marques comme Motorola, elle couvre l’ensemble de la côte est-africaine, Madagascar compris. « Beaucoup de compagnies internationales veulent s’implanter en Afrique sans trop savoir comment s’y prendre. Nous sommes là pour les y aider », explique Ahronee, qui annonce l’ouverture prochaine d’un bureau de représentation à Dubaï afin de démarcher les entreprises des pays de la péninsule Arabique.

L’ensemble de ces activités – en fort développement – permet à Massida Group de connaître une hausse constante de son chiffre d’affaires : il a dépassé 11 millions d’euros en 2012. De même, le nombre de ses employés a progressé de façon régulière ces dernières années, et a atteint 115 personnes – contre moins d’une centaine cinq ans plus tôt. En attendant que le groupe prenne un nouveau virage… Car Reuben Ahronee, qui travaillait dans l’hôtellerie de luxe en Europe avant de répondre à l’appel de son beau-père, s’intéresse de très près au secteur du tourisme d’affaires, en pleine croissance dans son pays. Il envisage d’ouvrir prochainement, à Djibouti, un établissement quatre étoiles avec « un grand groupe international ». « Reste à trouver les 35 millions de dollars [26,3 millions d’euros] de fonds nécessaires à cet investissement », résume le jeune responsable, convaincu du potentiel de la destination. 

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