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Banque mondiale : l’extrême pauvreté recule en Afrique

Les chiffres publiés mercredi par la Banque mondiale relèvent un recul de la pauvreté en Afrique subsaharienne. Pour la première fois depuis plus de 30 ans, le nombre d’Africains vivant dans une extrême pauvreté représente moins de la moitié de la population du continent.

Par - Trésor Kibangula
Mis à jour le 1 mars 2012 à 15:02

Le pourcentage de la population africaine vivant dans la pauvreté a diminué de 10 % depuis 1999. © Abdurashid Abdulle/AFP

Le nombre de pauvres en Afrique sub-saharienne a diminué de 2005 à 2008. L’annonce a été faite ce mercredi par la Banque mondiale. Un cycle de baisse générale sur une période de trois ans constitue une première depuis que l’institution de Bretton Woods a commencé à recueillir des données sur la pauvreté extrême en 1981.

La Banque mondiale mentionne qu’en Afrique subsaharienne, « moins de la moitié de la population (47 %) vivait sous le seuil de 1,25 dollar par jour en 2008 » alors que « cette proportion s’établissait à 51 % en 1981 ».

La courbe ci-dessous illustre clairement cette tendance. Elle montre que le pourcentage de la population africaine vivant dans l’extrême pauvreté a diminué de 10 % depuis 1999, avec un recul net de 9 millions de personnes concernées entre 2005 et 2008, souligne la Banque mondiale.


Source : Banque mondial, regional aggregation using 2005 PPP and $1.25/day poverty line

Afrique toujours la plus touchée

Sur l’échelle mondiale, l’Afrique subsaharienne doit encore redoubler d’efforts. Avec 47,5 % de pauvres, elle est passe devant l’Asie du Sud (36 %), l’Asie de l’Est et Pacifique (14,3%), l’Amérique latine et Caraïbes (6,5%) et le Moyen-Orient et Afrique du Nord (2,7%).

Et Martin Ravallion, chef de l’équipe des chercheurs qui a produit ce dernier rapport sur la pauvreté, de souligner : « Le monde en développement a fait des progrès considérables, mais les 663 millions de personnes qui ont franchi le seuil de pauvreté typique des pays les plus pauvres sont toujours pauvres au regard des normes des pays à revenu intermédiaire ou élevé. » Autrement dit, si on applique le seuil de 2 dollars par jour, le nombre d’Africains vivant dans la pauvreté passerait de 386 millions aujourd’hui à 562 millions.

La Banque mondiale s’est appuyée sur les résultats de plus de 850 enquêtes réalisées auprès de ménages dans près de 130 pays. Mais elle s’est limitée à l’année 2008 pour pouvoir établir une « valeur globale » dans son rapport. « Nous possédons des statistiques plus récentes pour les pays à revenu intermédiaire, mais dans le cas des pays à faible revenu, les données les plus récentes sont rares ou impossibles à comparer avec les estimations antérieures » se justifie-t-elle.

Cet « échantillon plus petit que celui de la mise à jour mondiale », permet néanmoins à l’institution financière mondiale de révéler qu’en 2010, « la proportion des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour était inférieure à la moitié de la valeur établie en 1990 ». Si c’est le cas, le monde a donc atteint le premier objectif de développement pour le Millénaire. Avant l’échéance de 2015.