Politique

La France ne commémorera pas les accords d’Évian ni le cessez-le-feu en Algérie

Le secrétaire d'État aux Anciens combattants, Marc Laffineur à l'Elysée, le 7 novembre 2011.

Le secrétaire d'État aux Anciens combattants, Marc Laffineur à l'Elysée, le 7 novembre 2011. © François Guillot/AFP

Le 50e anniversaire des accords d’Évian entre la France et l’Algérie ne sera pas commémoré dans l’Hexagone. Une décision ignorée par la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) qui appelle à un grand rassemblement, lundi 19 mars à Paris.

Sous la houlette du président Nicolas Sarkozy, en pleine campagne présidentielle, le secrétaire d’État aux Anciens combattants Marc Laffineur cherche-t-il à éviter toute polémique gênante ? En refusant les commémorations du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre d’indépendance en Algérie, celui-ci espérait en tout état de cause éviter le fâcheux débat sur la repentance de la France pour les exactions commises pendant les luttes de décolonisation.

Dans un communiqué publié le 16 mars, le secrétaire d’État justifie sa décision par le « respect pour (les) victimes et leurs familles encore en vie aujourd’hui ». Pour lui, même si la date du 19 mars 1962, au lendemain des accords d’Évian, évoque le retour des militaires français, « elle marque également l’amorce d’un drame pour les rapatriés […] et le début d’une tragédie pour les harkis ».

C’est une date qui divise les Français « et ravive les plaies profondes d’une page douloureuse de l’histoire de la France », ajoute-t-il. De ce fait, la nation « ne peut et ne doit se rassembler en ce jour anniversaire. » Mais c’était sans compter… sur les anciens combattants, justement.

Polémique mémorielle

Forte de 350 000 adhérents, la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) s’est montrée moins réservée que le ministère, appelant à un grand rassemblement à Paris, lundi après-midi. Le cortège devrait partir du Mémorial national de la guerre d’Algérie, au Quai Branly, et remonter à la tombe du soldat inconnu, sous l’Arc de triomphe, où la flamme sera ravivée.

La date de commémoration du cessez-le-feu a toujours été source de polémique en France, le gouvernement ayant décidé de fixer au 5 décembre la date de l’hommage aux morts pour la France durant la guerre d’Algérie et les combats au Maroc et en Tunisie. Une date qui résulte, souligne Laffineur, d’un large consensus obtenu en 2003 par une commission réunissant l’historien Jean Favier et les principales associations d’anciens combattants.

(Avec AFP)

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