Politique

Accords d’Évian : l’Algérie et la France victimes de leur histoire

La Une du J.A. n° 2671.

La Une du J.A. n° 2671. © J.A.

Cinquante ans après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre la France et le FLN, qui a conduit à la fin de la guerre d’indépendance algérienne, Jeune Afrique propose dans son n° 2671 un dossier spécial sur les accords d’Évian. Pour tout savoir sur les coulisses de ces pourparlers et mieux comprendre les raisons des difficultés entre Paris et Alger.

Le 18 mars 1962, Français et Algériens signaient au bord du lac Léman les accords d’Évian. Après centre trente-deux années de colonisation, dont huit d’une guerre sans pitié, ce texte était beaucoup plus qu’un cessez-le-feu entré en application le lendemain. Il posait les bases de l’indépendance proclamée le 5 juillet, explique dans une interview l’un des négociateurs du Front de libération nationale (FLN), Rédha Malek.

Celui-ci était âgé de 30 ans à l’époque. Aujourd’hui, après avoir été Premier ministre dans les années 1990, il décrit les coulisses des pourparlers de 1962 et évalue l’évolution de son pays après cinquante années d’indépendance. « Les accords d’Évian ont intégralement repris les principes fondamentaux mentionnés dans la déclaration du 1er novembre 1954, qui a marqué la création du FLN et le début de l’insurrection algérienne », déclare-t-il.

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Ces principes : l’intégrité territoriale, l’unité du peuple algérien et l’indépendance totale. Rédha Malek ajoute : « Notre révolution est inachevée, car il fallait non seulement arracher l’indépendance, mais aussi organiser une société juste et moderne, et promouvoir les libertés fondamentales. »

Arme politique

En dépit de toutes les déceptions qui ont suivi, les accords d’Évian restent une grande victoire politique de l’ex-colonie sur la métropole après huit années de guerre. Pourtant, cette date est très peu célébrée en Algérie. Pourquoi ? Car les accords « n’ont pas fait l’unanimité du côté algérien et ont servi d’arme politique dans la lutte pour le pouvoir », explique l’historien, Daho Djerbal, qui souligne notamment la fracture entre les « politiques » qui ont négocié les accords et les « militaires » absents des discussions. « Les dirigeants, à commencer par Houari Boumédiène, qui ont pris le pouvoir après l’indépendance n’ont jamais eu envie que l’on parle d’Évian », ajoutent l’historien Benjamin Stora et et le journaliste Renaud de Rochebrune.

Quant aux relations aujourd’hui entre la France et l’Algérie ? Si l’économie affiche une incroyable résilience, le poids d’un passé commun et douloureux constitue toujours un frein à une parfaite normalisation. Entre la repentance exigée par les uns et la célébration des acquis de la colonisation invoquée par les autres, la méfiance, assumée ou silencieuse, n’en finit pas de parasiter le dialogue entre les deux pays, victimes de leur histoire.

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Lire "Algérie – France : mémoires vives" dans J.A. n° 2671, en kiosques du 18 au 24 mars 2012.

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