Politique

Guerre d’Algérie : il y a 50 ans, la France et le FLN signaient les accords d’Évian

La délégation algérienne à l'Hôtel du Parc pour signer les Accords d'Évian, le 17 mars 62

La délégation algérienne à l'Hôtel du Parc pour signer les Accords d'Évian, le 17 mars 62 © AFP

Le 18 mars 1962, le ministre d'État français chargé des Affaires algériennes, Louis Joxe, et le chef de la délégation du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), bras politique du Front de libération national algérien (FLN), le colonel Belkacem Krim, signaient les accords d’Évian, mettant fin à la guerre d’Algérie.

C’était il y a maintenant cinquante ans. Le 18 mars 1962, la France et l’Algérie signaient les accords d’Évian et mettaient fin à trente-deux années de colonisation, dont huit années d’une guerre terrible. Ils posent les bases de l’indépendance proclamée le 5 juillet.

Des accords qui ne font pas l’unanimité

L’ordre d’établir un cessez-le-feu le 19 mars, l’un des points des accords signés par le gouvernement français et le Front de libération national algérien (FLN), reste pourtant lettre morte. Avec l’entrée dans la clandestinité des radicaux de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) pour garder « l’Algérie française », les attentats se multiplient en Algérie et en métropole.

Les accords marquent également le départ des Français « pieds-noirs » – alors un million, soit 10% de la population totale de l’Algérie – qui se voient contraints de décider dans les trois ans de rester Français ou devenir Algérien. Il n’en reste aujourd’hui que quelques centaines, selon un spécialiste, Pierre Daum. Quant aux « harkis », supplétifs de l’armée française, des milliers d’entre eux qui n’avaient pu être emmenés en France sont tués.

Bien qu’historique, la date est très peu célébrée en Algérie où aucune commémoration officielle n’est organisée. Les accords « n’ont pas fait l’unanimité du côté algérien et ont servi d’arme politique dans la lutte pour le pouvoir », explique dans Jeune Afrique, l’historien, Daho Djerbal.

« Les dirigeants, à commencer par Houari Boumédiène, qui ont pris le pouvoir après l’indépendance n’ont jamais eu envie que l’on parle d’Évian », ajoutent l’historien Benjamin Stora et et le journaliste Renaud de Rochebrune.

Passé commun et douloureux

Entre les deux pays, le poids de ce passé commun et douloureux constitue toujours un frein à une parfaite normalisation. La France « ne peut se repentir d’avoir conduit cette guerre », déclarait il y a quelques jours le président Nicolas Sarkozy.

Mais en cette période électorale – les 22 avril et 6 mai, la France élit son président. Les électeurs algériens, dont 800 000 (bi-nationaux ou non) répertoriés en France, choisiront quatre jours plus tard, le 10 mai, leur 462 députés-  les rapports franco-algériens, « en dents de scie durant 50 ans », ont du reste connu ces derniers mois une « embellie », note un ex-militaire algérien.

(Avec AFP)
 

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