Politique

Sénégal : la campagne présidentielle entre dans la dernière ligne droite

Des bulletins de vote pour Abdoulaye Wade et Macky Sall, le 18 mars 2012 à Ziguinchor (sud).

Des bulletins de vote pour Abdoulaye Wade et Macky Sall, le 18 mars 2012 à Ziguinchor (sud). © AFP

Alors que la campagne électorale s’achève officiellement vendredi 23 mars, c’est une semaine décisive qui s’ouvre pour les deux finalistes de l’élection présidentielle du 25 mars au Sénégal. Mais les craintes de fraudes et de violences alourdissent l’atmosphère, tandis que Abdoulaye Wade et Macky Sall affichent chacun leur certitude de l’emporter.

Jour J – 7 au Sénégal avant le second tour de la présidentielle entre le président sortant Abdoulaye Wade et son ancien Premier ministre Macky Sall. À l’entrée de la dernière ligne droite de la campagne, les deux candidats continuent de sillonner le pays, rassemblant des milliers de leurs partisans à chacun de leurs meetings.

De leur côté, les principaux soutiens des deux finalistes font de même. Youssou Ndour a ainsi passé la journée de samedi dernier à Ziguinchor, en Casamance, pour louer les mérites de Macky Sall lors d’un grand show électoral. Quant au leader mouride Cheikh Béthio Thioune – un des rares chefs religieux à s’être engagé dans la campagne – il a réuni ses fidèles sur la place de l’Obélisque à Dakar pour leur demander de reconduire le président sortant.

Calme trompeur

Pendant le week-end, quelque 23 000 militaires et paramilitaires ont voté dans le calme. Mais si le climat électoral n’est plus aussi violent que dans les semaines qui ont précédé le premier tour (avec au moins six morts et 150 blessés), des incidents notables ont émaillé la campagne de l’entre-deux-tours, au point de susciter l’inquiétude de nombreux observateurs.

Le 14 mars, la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) a ainsi alerté l’opinion au sujet de « l’exacerbation de la violence politique », et appelé « au bannissement de la violence sous toutes ses formes ». De fait, la caravane de Macky Sall a été caillassée à au moins deux reprises, à Kébémer (nord), région natale de Wade, et à Saint-Louis. Il y a deux semaines, des affrontements ont également eu lieu à Dakar entre partisans des deux candidats. Et le climat de tensions reste prégnant, les deux candidats affirmant leur supériorité l’un sur l’autre.

Crainte de fraude

Macky Sall pense être en position de force : si les reports de voix des 12 candidats éliminés qui ont appelé à voter pour lui sont suivis, il espère l’emporter avec environ 60% des voix. Mais il a demandé à ses partisans de rester « vigilants », craignant un passage en force de son rival par la fraude. Renforçant ce sentiment de méfiance, le gouvernement a accusé « d’ingérence » les 90 observateurs de l’Union européenne (UE). Une rencontre dimanche entre le chef de la mission de l’UE, Thijs Berman, et le ministre sénégalais aux élections, Cheikh Guèye, a cependant permis de lever les malentendus « dans un cadre cordial et apaisé ».

Mais l’assurance d’Abdoulaye Wade de l’emporter « avec un score écrasant » n’arrange pas les choses. Avec 34,81% des voix au premier tour contre 26,58% à Macky Sall, il compte sur les abstentionnistes (48,42%) qui, selon le camp présidentiel, ont « eu peur de sortir » en raison ds violences. Pour Wade, ce sont tous des « militants et sympathisants » du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir). Enfin, comme pour préparer les esprits à un passage de relais en cours du prochain mandat (de 7 ans) s’il est réélu, le président sortant a affirmé qu’il lui faudrait encore « trois ans » pour achever ses « projets ».

(Avec AFP)

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