Politique

Indignation en Tunisie après des menaces antisémites proférées par des salafistes

| Par Jeune Afrique
Plus de 8 000 personnes ont manifesté à Tunis pour l'instauration de la charia.

Plus de 8 000 personnes ont manifesté à Tunis pour l'instauration de la charia. © AFP

Des menaces à l’encontre des Juifs ont été proférées dimanche dernier lors d’une manifestation pour l’introduction de la charia dans la Constitution. La classe politique tunisienne s’indigne contre des provocations qui ne se produisent pas pour la première fois.

La scène se déroule durant une manifestation islamiste pour l’inscription de la charia dans la Constitution, dimanche à Tunis. L’un des participants, un cheikh salafiste, profère des menaces contre les juifs. Selon l’agence de presse AP, le religieux aurait lancé dans un haut-parleur : « Préparez-vous au combat : les juifs ! les juifs ! Le combat pour la cause de Dieu ». Des insultes antisémites ont également fusé.

Cet incident a beaucoup fait réagir la classe politique tunisienne, à commencer par Rached Ghannouchi. Lors d’une conférence de presse lundi, le chef du parti islamiste Ennahdha a condamné ces « dérapages ». Pour lui « la Tunisie garantit les droits de tous ses citoyens ». Et d’ajouter : « Nous défendons toutes les minorités dont la minorité juive ».

« Les juifs tunisiens sont des citoyens à part entière »

Mardi, l’Assemblé constituante a également exprimé dans un communiqué sa « profonde préoccupation », dénonçant « les slogans visant à semer la discorde au sein de la société tunisienne toute races et origines confondues ». Son président, Mustapha Jaafar a reçu mardi le représentant de la communauté juive, Roger Bismuth.

Le ministère des Affaires religieuse a également réagi via un communiqué. « L’appel à combattre les juifs est aberrant, peut-on lire dans le texte. Le ministère refuse l’atteinte à tout citoyen. (…) Les juifs tunisiens sont des citoyens à part entière ».

De son côté, le parti Ettajdid (gauche) a également « condamné les appels à la violence, à la haine et même au meurtre émanant de groupes salafistes fanatisés qui ont ciblé encore une fois les citoyens de confession juive. » Même son de cloche chez Ettakatol, parti de gauche allié aux islamistes d’Ennahda. « Ce sont des slogans inadmissibles et nous réitérons notre solidarité avec la communauté juive », a déclaré Mohamed Bennour, porte-parole du parti.

Slogans haineux

La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a quant à elle pris la parole pour condamner un autre incident survenu lors de la manifestation dimanche, lorsque des salafistes s’en sont pris à des comédiens qui jouaient devant le théâtre municipal de Tunis, avenue Bourguiba. « Un groupe de salafistes a cassé du matériel, et prononcé des slogans haineux et racistes à l’encontre des artistes », écrit la LTDH, qui demande l’ouverture d’une enquête et s’étonne que le ministère de l’Intérieur ait autorisé les deux manifestations concomitantes sans prendre les mesures de sécurité adéquates.

Mais ce n’est pas la première fois que des manifestants salafistes lancent des slogans haineux ou antisémites. En janvier, certains avaient appelé à « tuer des juifs » en marge de la visite en Tunisie de Ismail Haniyeh, le chef du gouvernement palestinien du Hamas.

(Avec AFP)

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