Politique

Deux Tunisiens condamnés pour la publication de caricatures de Mahomet sur Facebook

C'est la première condamnation de ce genre depuis la chute de Ben Ali, en janvier 2011. © Reuters

Le tribunal de première instance de Mahdia a condamné deux blogueurs à 7 ans et demi de prison pour "atteinte à la morale, diffamation et trouble à l’ordre public". Leur crime : avoir publié sur Facebook des caricatures du Prophète. Les internautes tunisiens se mobilisent.

Relayée par des médias, la rumeur circulait depuis quelques jours dans la blogosphère tunisienne. Elle est désormais confirmée par le ministère de la Justice : deux bloggeurs ont été condamnés pour avoir publié des caricatures du prophète Mahomet sur les réseaux sociaux. Depuis la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, en janvier 2011, c’est la première fois qu’une sentence de ce genre est prononcée.

Originaires de Mahdia, une ville du sud du pays, les deux jeunes hommes ont été condamnés le 28 mars par le tribunal de première instance à 7 ans et demi de prison et à 1 200 dinars d’amende (environ 600 euros). Le premier a été arrêté lundi et le deuxième, en fuite, a été condamné par contumace. Selon l’AFP, qui cite le porte-parole du ministère, Chokri Nefti, les deux blogueurs ont été jugés pour « atteinte à la morale, diffamation et trouble de l’ordre public ». La plainte a été déposée par un avocat et un habitant de la ville de Mahdia, choqués par les caricatures publiés par les deux jeunes hommes.

Condamnés pour athéisme ?

Ghazi Béji, le blogueur en fuite, a témoigné suur le site Atheistica de Kacem el-Ghazzali, un militant athée marocain. Il y raconte les conditions dans lesquelles il a fui son pays et estime qu’il n’a pas été condamné pour les caricatures sur le Prophète mais pour son athéisme. Une interprétation partagée par la journaliste et blogueuse Olfa Riahi : « Comment croire à une peine aussi lourde pour un fait qui arrive quotidiennement sur la Toile ? Comment y croire, car des photos de ce genre, j’en croise quasiment tous les jours en parcourant mon flux d’actualité Facebook, si bien que je n’y prête même plus attention ? »

Sur son blog, elle lie la condamnation à un essai écrit par Ghazi Béji, L’illusion de l’Islam. Selon Riahi, partie enquêter sur place et qui a rencontré l’un des plaignants, avocat de profession, tout serait pourtant partie d’une caricature du Prophète postée sur le réseau social. Documents à l’appui, elle retrace le cheminement de l’affaire, du dépôt de la plainte pour « atteinte au sacré appelant à la fitna » [division, en arabe], à l’audition de Jabeur Mejri, le premier condamné. Le jeune homme s’y proclame athée et revendique la liberté de publier les caricatures.

Deux autres affaires similaires doivent également être jugées. L’une d’entre elle concerne le directeur de la télévision privée Nessma, Nabil Karoui, poursuivi pour « atteinte aux valeurs sacré » après la diffusion de Persopolis. Le procès a été reporté au 19 avril.

(Avec AFP)

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