Politique

Mali : les défis de la transition, vus par l’Adema, le RPM et l’URD

Le futur chef de l'Etat malien, Dioncounda Traoré (C.), à son arrivée à Bamako, le 7 avril 2012.

Le futur chef de l'Etat malien, Dioncounda Traoré (C.), à son arrivée à Bamako, le 7 avril 2012. © AFP

L’accord-cadre conclu le 6 avril entre la junte malienne et la Cedeao pour une transition dirigée par Dioncounda Traoré est désormais à l’étape de sa mise en œuvre. Interrogés par Jeune Afrique, les principaux responsables politiques de l’Adema, du RPM et de l’URD livrent leur analyse sur les défis de la transition et la répartition des tâches entre le nouveau président et son futur Premier ministre.

« Les préalables de la Cour constitutionnelle peuvent se faire le lundi, puis il faut installer le président intérimaire dès mardi et ensuite ramener la paix au Nord, préparer l’élection présidentielle. Il faut surtout prendre en considération la sécheresse qui secoue notre sous-région et le déplacement des populations », réagit Soumaila Cissé, président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), après la signature de l’accord-cadre entre la junte et la Cedeao pour le retour à l’ordre constitutionnel au Mali, le 6 avril, suivi de la démission du président  Amadou Toumani Touré.

Pour l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), première force politique du pays, « le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE, junte) doit être dissous », dit le premier vice-président du parti, Iba Ndiaye. « Ses membres peuvent nous aider dans la guerre au Nord. Ils ont montré leur amour et leur sens du sacrifice pour la nation et les prochaines discussions vont permettre de mettre en place une équipe consensuelle dans laquelle il y aura des éléments du CNRDRE », ajoute-t-il.

Quand nos parents se trouvent sous le joug de l’esclavage, aucun de nous ne peut dormir.

Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), président du RPM

Priorité au Nord

Question : le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, doit-il mener la transition – c’est à dire organiser des élections – dans le délais constitutionnel de 40 jours maximum ? « Des compromis sont possibles, explique Iba Ndiaye. La paix au Nord et l’unité nationale font partie des éléments qui doivent être pris en compte pour tenir les élections ».

Mais pour Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), président du parti Rassemblement pour le Mali (RPM), la situation au Nord-Mali est d’abord le dossier du futur gouvernement. « Ce qui est important aujourd’hui c’est la reconquête du Nord et la réunification du pays. Quand nos parents se trouvent sous le joug de l’esclavage, aucun de nous ne peut dormir. »

« Le président intérimaire n’a pas le choix : son rôle est d’organiser les élections et le Premier ministre, qui sera installé sous l’égide de la Cedeao, a pour mission la reconquête du Nord », conclut IBK.
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Par Baba Ahmed, à Bamako

Voir la vidéo de la déclaration de démission de Amadou Toumani Touré (ATT)

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