Diplomatie

Sénégal : Macky Sall choisit la Gambie pour sa première sortie officielle

Macky Sall implique Yaya Jammeh dans le dossier casamançais © AFP

Pour sa première sortie officielle, le nouveau président sénégalais, Macky Sall, a choisi la Gambie, voisin avec qui les relations diplomatiques n’ont pas toujours été au beau fixe ces dernières années.

Le nouveau président sénégalais Macky Sall s’est rendu, dimanche 15 avril, en Gambie, pour sa première sortie officielle depuis son investiture début avril. Accueilli par le président Gambien Yahya Jammeh, cette visite  avait pour objectif affiché de renforcer les liens entre les deux pays voisins. Mais officieusement, la question du conflit en Casamance, région frontalière entre les deux pays, pourra être abordée. 

"Un même peuple"

« À moins que les deux dirigeants ne s’engagent dans des discussions franches, honnêtes et ouvertes sur la crise en Casamance, rien ne sortira de leur rencontre », affirme Alieu Coker, analyste politique gambien. De simples « engagements » pour la paix ne suffiront pas. « Ils devraient agir de façon visible » a-t-il ajouté.

Depuis trois décennies, cette région du Sénégal est en proie à une guerre de sécession, réclamée par les rebelles du Mouvement des forces démocratique de la Casamance (MFDC). La question de la Casamance a quelques fois été objet de tension entre les deux pays. Le Sénégal a déjà accusé son voisin du Sud de soutenir la rébellion, qui se replie très souvent en Gambie après des attaques contre l’armée sénégalaise.

Mais la Gambie ne tient pas pour autant à se brouiller avec son voisin. Dans un entretien télévisé diffusé la semaine dernière, le président Gambien Yahya Jammeh a affirmé que le sort des deux pays est lié : « Nous n’avons jamais changé de politique à l’égard du Sénégal, car les Gambiens et les Sénégalais sont un même peuple et nous voulons maintenir une politique de coexistence pacifique », a-t-il affirmé, ajoutant : « la Gambie est aussi stratégique pour le Sénégal que le Sénégal l’est pour la Gambie ».

Le défi de la Casamance

L’une des priorités pour le président sénégalais investi début avril, c’est la résolution du conflit en Casamance qui a déjà fait des milliers de victimes. La revendication indépendantiste est apparue dans les années 1980, sous l’impulsion de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor. Celui-ci  estimait que les populations de la région  étaient lésées par rapport aux « nordistes » (Sénégalais du Nord) et accusait ces derniers de piller les ressources abondantes du très fertile Sud. Son prédécesseur Abdoulaye Wade, lors de son élection en 2000, avait promis de résoudre le conflit en « 100 jours ».

(Avec AFP)

 

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