Politique

Mali : Modibo Sidibé, Soumaïla Cissé et d’autres responsables interpellés par des militaires

Mis à jour le 17 avril 2012 à 13:09

Alors que les discussions entre la rébellion touarègue et les autorités maliennes de transition sont engagées, plusieurs responsables politiques et militaires – parmi lesquels Modibo Sidibé et Soumaïla Cissé – ont été arrêtés dans la nuit de lundi à mardi et dans la matinée suivante par des hommes armés, qui n’ont pas expliqué les raisons de leur action.

Plusieurs responsables civils et militaires maliens ont été arrêtés dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 avril. Parmi eux, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, qui a été cueilli à son domicile par plusieurs hommes armés. Selon ses proches, deux ou trois des personnes venues l’arrêter était encagoulées.

Autres personnalités touchées par cette vague d’arrestation – dans la nuit et peu après l’ancien Premier ministre : le directeur général de la police, le général Mahamadou Diagouraga, l’ancien ministre de la Défense, le général Sadio Gassama, et le général Hamidou Sissoko, chef d’état-major particulier de l’ancien président Amadou Toumani Touré. Selon des sources proches de leurs familles, tous ont été interpellés à leur domicile.

Saccage

Bani Kanté, un ancien conseiller à la présidence et représentant des intérêts libyens au Mali tout comme un général de gendarmerie, ont subi le même sort, et ont directement été conduits au camp militaire de Kati, a déclaré leur entourage.

L’ancien ministre Soumaïla Cissé, ex-dirigeant de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l’un des principaux candidats à la présidentielle malienne, a quant à lui été arrêté mardi matin, alors que son domicile avait été en partie saccagé lundi soir, sans que les hommes armés venus le chercher ne l’aient trouvé. Il a été emmené mardi dans une ambulance au camp militaire de Kati, a dévoilé sa famille, qui craint qu’il ne soit blessé.

Ces interpellations ont été confirmées par un responsable malien à l’AFP. Un proche de l’ex-junte s’est contenté de déclarer que « le moment venu, vous saurez pourquoi il y a eu ces arrestations ».

D’autres personnalités ne se trouvaient pas chez elles quand des membres de l’ex-junte sont venus les arrêter. Ces évènements interviennent alors que le pays retient son souffle, attendant la désignation d’un Premier ministre de transition, dont la mission première sera de poursuivre le dialogue engagé avec la rébellion touarègue, qui a déclaré unilatéralement l’indépendance de l’Azawad le 6 avril, ainsi qu’avec les islamistes armés qui semblent contrôler le nord du pays.

 

(Avec AFP)