Politique

Guinée-Bissau : un président de transition désigné, la Cedeao parle « d’usurpation »

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Des partisans de Manuel Serifo Nhamadjo brandissent son affiche de campagne, le 16 mars 2012.

Des partisans de Manuel Serifo Nhamadjo brandissent son affiche de campagne, le 16 mars 2012. © Issouf Sanogo/AFP

Après un accord entre la junte bissau-guinéenne et les partis d’opposition, la nomination de Manuel Serifo Nhamadjo, candidat au premier tour de la présidentielle avortée, au poste de président de transition a été annoncé jeudi 19 avril. Une décision condamnée par la Cedeao, qui refuse de reconnaître les nouvelles autorités.

Il n’aura fallu qu’une semaine à la Guinée-Bissau pour se doter d’un président intérimaire et d’un Conseil national de transition (CNT), après le coup d’État de la junte militaire du 12 avril. En concertation avec l’ex-opposition, les militaires ont créé la surprise en annonçant jeudi 19 avril la nomination de Manuel Serifo Nhamadjo comme président de transition.

Dissident de l’ancien parti au pouvoir, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), le nouveau chef de l’État était arrivé troisième lors de la présidentielle du 18 mars, recueillant 15,75% des voix, loin derrière l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior (48,9%), grand favori du deuxième tour initialement prévu le 29 avril.

Comme le veut l’accord conclu le 18 avril entre la junte et les partis politiques, le CNT a pour mission de « gérer le processus de transition jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives dans un délai maximal de deux ans ». Il sera présidé par Braima Sori Djalo, numéro deux du principal parti de l’ex-opposition, le Parti de la Rénovation sociale de Kumba Yala (PRS).

Mais la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ne l’entend, elle, pas du tout de cette oreille. L’organisation régionale a « fermement condamné » jeudi « la mise en place d’un soit-disant « Conseil national de transition » en Guinée-Bissau, et  exprimé « son rejet de cette usurpation du pouvoir par le Commandement militaire », faisant également savoir « qu’elle ne reconnaîtra aucune transition émanant de la junte », selon un communiqué du président de la Commission de l’institution, Désiré Ouédraogo.

Force de "maintien de la paix" ?

La Cedeao « condamne fermement cette initiative illégale qui intervient surtout après l’engagement écrit pris par la Junte, à l’issue de sa rencontre avec la délégation de haut niveau de la Cedeao le 16 avril à Bissau, de se retirer pour permettre un retour immédiat à la normalité constitutionnelle », ajoute le communiqué. Une importante délégation ouest-africaine, dans laquelle figuraient plusieurs ministres et chefs d’état-major de la région, avait fait le déplacement lundi à Bissau afin de rencontrer les auteurs du putsch du 12 avril, qui s’étaient alors engagés rétablir l’ordre constitutionnel dans les plus brefs délais.

La Cedeao avait en outre exigé la libération immédiate du président intérimaire Raimundo Pereira et du Premier ministre Carlos Gomes Junior, tous deux arrêtés par l’armée le 12 avril et toujours détenus une semaine plus tard. Les deux dirigeants renversés seraient « en bonne santé », selon les observations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a pu les rencontrer mercredi.

Quant à l’ONU, les membres du Conseil de sécurité était en réunion jeudi à New York afin d’étudier la possibilité d’envoyer une « force de maintien de la paix ». Parlant au nom de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), le ministre angolais des Affaires étrangères Georges Rebelo Chikoti a de son côté invité le Conseil de sécurité à « envisager l’adoption de mesures avec pour objectif de rétablir l’ordre constitutionnel et d’obtenir la libération sans conditions des dirigeants arrêtés. (…) Le temps presse et nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre et de laisser la population souffrir à la merci du pouvoir militaire », a-t-il fait valloir.

(Avec AFP)

 

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