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Économie

Le philippin ICTSI poursuit son expansion en Afrique

« Pour ICTSI, l'Afrique représente un potentiel important. C'est pourquoi nous avons installé un bureau régional au Cap », explique Aneen Human, responsable financière Afrique de l'opérateur.

« Pour ICTSI, l'Afrique représente un potentiel important. C'est pourquoi nous avons installé un bureau régional au Cap », explique Aneen Human, responsable financière Afrique de l'opérateur. © Glez

Malgré un échec à Abidjan, l’opérateur philippin ICTSI a bien l’intention d’étendre ses activités dans les ports africains au-delà de ses concessions malgache et nigériane.

il n’est pas un nouveau venu en Afrique. Dans les années 1990, l’opérateur philippin International Container Terminal Services Inc. (ICTSI, qui se positionne aujourd’hui comme le quatorzième manutentionnaire mondial) avait déjà mis le pied en Tanzanie, avant de se replier dans la tourmente de la crise asiatique de 1998. La société veut-elle rattraper le temps perdu ? Aujourd’hui, alors que la compagnie est en plein essor et gère 22 terminaux maritimes et développe 5 projets portuaires dans 19 pays du monde pour une capacité totale de près de 5,6 millions d’EVP (équivalents vingt pieds), elle montre un intérêt prononcé pour l’Afrique dans sa stratégie de développement.

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« Pour ICTSI, l’Afrique représente un potentiel important. C’est pourquoi on a installé un bureau régional au Cap », explique Aneen Human, responsable financière Afrique de l’opérateur. Ce bureau ouvert il y a deux ans vient appuyer la décision stratégique prise au milieu des années 2000 d’aller à la conquête du continent africain et qui a déjà valu au philippin deux beaux succès. En 2005, il s’est assuré un contrat de rénovation, opération et développement pour le terminal malgache de Toamasina – le Madagascar International Container Terminal Services – jusqu’en 2025.

ICTSI comptait bien capitaliser sur ce premier succès pour réussir son intégration. Il y a un an, ses efforts ont abouti à la signature d’une concession de vingt et un ans pour exploiter le terminal à conteneurs du futur port en eau profonde de Lekki, à 65 km à l’est de Lagos, au Nigeria. Destiné à entrer en service en 2016, le futur terminal disposera de 1 200 mètres de quai, d’une profondeur de 14 mètres, potentiellement extensible à 16,5 m par la suite. Il pourra donc accueillir des navires jusqu’à 10 000 EVP et aura une capacité optimale annuelle de 2,5 millions d’EVP, ce qui en fera le plus imposant du genre en Afrique subsaharienne.

Le groupe gère 22 terminaux maritimes et développe 5 projets portuaires dans 19 pays.

Pour ICTSI, qui a mis 225 millions de dollars (171 millions d’euros) dans la balance, le projet de Lekki est non seulement un emplacement stratégique pour desservir un Nigeria en pleine croissance, mais aussi une occasion de développer un terminal phare, flambant neuf, qui pourra lui servir d’argument commercial pour décrocher d’autres contrats.

Enquête en cours

Tout semblait donc aller pour le mieux jusqu’au 25 mars. Dans l’appel d’offres lancé par le gouvernement ivoirien pour l’exploitation du second terminal à conteneurs d’Abidjan, le consortium formé par ICTSI, CMA CGM, Necotrans et Movis s’est fait dépasser dans la dernière ligne droite par Bolloré Africa Logistics, Bouygues et APM Terminals. Déjà opérateur du premier terminal du port ivoirien, le groupe Bolloré a finalement remporté le contrat. Aussitôt contestée par les perdants, cette victoire à l’arraché a fait l’objet d’un premier appel devant l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ANRMP), qui a débouté les plaignants. ICTSI et ses alliés n’ont pas baissé les bras pour autant et ont décidé de faire appel devant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui doit déterminer si le contrat contrevient aux règles antimonopolistiques et concurrentielles en vigueur. « L’enquête est en cours », élude Aneen Human, pour qui il ne s’agit pas d’un revers déterminant. Parmi les potentiels prospects du philippin, le terminal à conteneurs de Port-Soudan. Mais ICTSI aimerait également rebondir en Afrique de l’Ouest et lorgne ce qui pourrait se faire au Congo ou au Cameroun, en attendant le dénouement de l’imbroglio ivoirien.

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