Politique

Nord-Mali : après neuf jours de captivité, l’otage suisse a été relâchée

Béatrice Stockly à sa descente d'hélicoptère à l'aéroport de Ouagadougou, le 24 avril.

Béatrice Stockly à sa descente d'hélicoptère à l'aéroport de Ouagadougou, le 24 avril. © Ahmed Ouaba/AFP

Béatrice Stockly, l’otage suisse enlevée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) le 15 avril dans le Nord-Mali, a été libérée mardi 24 avril et remise aux forces de sécurité du Burkina Faso.

Mis à jour le 25 avril, à 9h32.

Après neuf jours de captivité, l’otage suisse Béatrice Stockly a été libérée le mardi 24 avril. Enlevée le 15 avril à Tombouctou, ville du Nord-Mali où elle habitait depuis 15 ans, la Suissesse se trouvait aux mains du groupe islamiste Ansar Eddine, qui l’avait lui-même repris à ses ravisseurs, des membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

La chrétienne âgée d’une quarantaine d’année a été relâchée dans la région de Tombouctou. Arrivée à 13h32 à bord d’un pick-up aux côtés d’hommes lourdement armés et enturbannés, vétue d’une robe et d’un turban noirs mais le visage découvert, Béatrice Stockly a très vite ôté cette tenue avant de prendre place dans l’hélicoptère burkinabé qui l’attendait. À son bord se trouvait le chef d’état-major particulier du président burkinabè Blaise Compaoré, le général Gilbert Djindjéré ainsi que deux représentants du ministère suisse des Affaires étrangères venus la chercher.

L’officier burkinabé a longuement échangé avec Sanda Boumama, qui s’est présenté comme porte-parole local du chef du groupe islamiste armé Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly. Les discussions se sont déroulées dans une tente en plein désert. Les deux hommes ont été formels : aucune rançon n’a été versée. « On n’a rien demandé », a affirmé l’islamiste. Le gouvernement suisse « nous a simplement demandé, compte tenu de notre expérience, de les aider à récupérer leur otage », a pour sa part indiqué le général Gilbert Djindjéré.

Rançon ?

Pourtant, selon une source bien informée à Tombouctou, Sanda Boumama est revenu de la rencontre avec « beaucoup d’argent en euros ». « Une rançon a été payée pour obtenir la libération de l’otage, ça s’est sûr » s’est exclamé une autre source locale.

Visiblement fatiguée mais en bonne santé « compte tenu des circonstances » selon le ministère suisse des Affaires étrangères, elle s’est contenté de sourire, une fois dans l’hélicoptère, avant de fouiller dans son sac et de lancer « je vous offre le chocolat de la liberté! », avant de distribuer des chocolats aux personnes présentes dans l’appareil.

Elle a également tenu à remercier « toutes les personnes et les autorités qui ont oeuvré » à cette libération, « en particulier les autorités du Mali et du Burkina Faso ».

À son arrivée à la base militaire de Ouagadougou, Béatrice Stockly n’a pas souhaité s’exprimer devant les journalistes, qui l’interrogeaient sur ses projets à venir. « Elle ne veut pas repartir en Suisse, elle ne souhaite pas quitter la région pour le moment et va rester au Burkina deux ou trois jours, le temps de réfléchir », a expliqué lé général Djindjéré devant la presse.

Milice privée

Selon un responsable de la sécurité à Tombouctou, Béatrice avait été enlevée par une milice privée travaillant sous commande d’Aqmi. Ces sous-traitants auraient amené Béatrice à une dizaine de kilomètres de Tombouctou et tenté, le lendemain, de poursuivre leur route avec l’otage. Mais des éléments armés du groupe Ansar Eddine les ont poursuivis, selon la même source. Les sous-traitants ont donc été obligés d’abandonner l’otage. Dès lundi, le ministère suisse des Affaires étrangères s’était dit « en contact avec le groupe auprès duquel » se trouvait l’otage, sans apporter de précisions.

Très impliquée dans les actions sociales, la Suissesse avait refusé de quitter la ville lors de sa prise par Ansar Eddine et Aqmi le 1er avril.

(Avec AFP)
 

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