Politique

Algérie : le Mujao lance un ultimatum de 30 jours à Alger pour la libération de ses otages au Mali

Des rebelles maliens islamistes, le 24 avril 2012 près de Tombouctou. © AFP

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), auteur du rapt du consul d’Algérie et de six de ses collaborateurs le 5 avril dans le nord du Mali, ont lancé un ultimatum aux autorités algériennes. Le gouvernement a trente jours pour satisfaire aux revendications du groupe islamiste, faute de quoi les otages pourraient être exécutés.

« Nous lançons un ultimatum de moins de trente jours au gouvernement algérien pour satisfaire à nos revendications, sinon la vie des otages sera en grand danger ». C’est ce qu’a annoncé Adnan Abu Walid Sahraoui, porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un groupe djihadiste qui détient actuellement sept otages algériens au Mali.

Dès le 8 avril, le Mujao, récemment apparu et présenté comme une dissidence d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ayant ses bases dans le nord du Mali, avait affirmé être l’auteur de l’enlèvement du consul d’Algérie et de six de ses collaborateurs, le 5 avril à Gao.

En contrepartie de la libération des Algériens, le groupe islamiste réclame une rançon de 15 millions d’euros, comme l’avait annoncé Adnan Abu Walid Sahraoui le 2 mai. En outre, le Mujao exige la libération d’islamistes détenus sur le territoire algérien, dont le nombre n’est pas précisé. Des revendications qu’Alger a refusé de satisfaire jusqu’alors.

« Les otages sont encore vivants. Le gouvernement algérien connaît nos revendications (…) Il est encore temps de se parler. Après, il sera tard », a menacé le porte parole du Mujao dans une courte lettre. « La délégation algérienne (…) a refusé complètement nos demandes, et cette décision mettra la vie des otages en danger », avait déjà déclaré Adnan Abu Walid Sahraoui fin avril.

"Attaquer l’Algérie"

Ce même porte-parole avait menacé l’Algérie d’un attentat, au cas où les revendications de son mouvement n’étaient pas satisfaites, le 2 mai. « Vraiment, nous pensons à attaquer l’Algérie, comme l’attentat de Tamanrasset qui a été exécuté par deux jeunes, un Sahraoui et un Malien d’origine arabe », avait-il affirmé. Le Mujao faisait ici référence à l’attentat-suicide perpétré par deux hommes contre une brigade de gendarmerie à Tamanrasset (à 1 800 km au sud d’Alger) qui avait fait 23 blessés au début de mars.

Le consul d’Algérie et ses six collaborateurs ont été enlevés quelques jours à peine après que la ville de Gao fut tombée sous le contrôle de divers groupes armés islamistes dont le Mujao, Ansar Eddine, épaulé par Aqmi, et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touarègue).

Le Mujao est également l’auteur de l’enlèvement à Tindouf (Ouest de l’Algérie) de trois humanitaires européens, le 23 octobre dernier. Deux Espagnols, dont une femme, et une Italienne, sont ainsi retenus. Pour la libération des deux femmes du groupe, le Mujao réclame une rançon de 30 millions d’euros et la libération de deux Sahraouis arrêtés par la Mauritanie.

(Avec AFP)
 

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