Justice

Élection de François Hollande : « Un espoir pour les peuples africains ? »

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Par  Marc Ona Essangui

Marc Ona Essangui est président de Brainforest, coordonnateur de la coalition Publish What You Pay au Gabon.

Pour la plupart des palais présidentiels africains, François Hollande est un mystère, voire un inconnu. Il faut toutefois noter la mobilisation de plusieurs milliers de Gabonais, d’Ivoiriens, de Camerounais et de bien d’autres citoyens africains, dans leurs pays respectifs, autour de la victoire du candidat socialiste. Cette impressionnante mobilisation était également visible sur la place de la Bastille, à Paris, à travers la présence massive de nombreuses communautés africaines au soir de la victoire du candidat socialiste. Si ces dernières ont tenu à célébrer cet événement, c’est qu’elles espèrent en tirer profit.

La justice, qui est au cœur de l’offre politique du nouveau chef d’État français, est un signal très prometteur. Les rapports inégalitaires entre plusieurs États africains et la France, notamment dans la gestion et la jouissance de leurs richesses ainsi que dans le choix de leur orientation politique, semblent figurer en bonne place dans les réformes annoncées par François Hollande. La prise en otage de certains pays africains par des multinationales françaises sans contrepartie objective pose également un sérieux problème de justice qui ne disparaîtra certainement pas dans sa totalité, mais qui sera fortement atténué. À cela s’ajoute le dossier des biens mal acquis, actuellement entre les mains de la justice française. L’espoir ici est que les biens spoliés aux peuples leur soient restitués pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Autant de retombées liées à l’option politique fondée sur la justice qui alimente, à juste titre, l’espoir des peuples africains.

Toutefois, il ne s’agit pas de s’enfermer dans un optimisme stérile et passif. La victoire de François Hollande sera un printemps pour les peuples africains à condition que ces derniers décident de prendre leur destin en main en devenant acteurs du changement promis par le nouvel hôte de l’Élysée. C’est à cette seule condition que la victoire du 6 mai sera une bonne nouvelle pour les démocrates et une mauvaise nouvelle pour les dictateurs. Si plusieurs chefs d’État se bousculent aujourd’hui pour se frayer un passage auprès du nouvel élu, c’est parce que certains espèrent que les déclarations de François Hollande restent lettres mortes par le biais de la ruse et d’autres pratiques biens connues de la Françafrique.

         

 

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