Politique

RDC : le réquisitoire sans concession de la CPI contre Katanga et Ngudjolo Chui

Débuté en 2009, le procès des deux ex-chefs de guerre congolais Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui s’est achevé par la lecture, mardi 15 mai, du réquisitoire final de la Cour pénale internationale. Les deux accusés « sont coupables au-delà de tout doute raisonnable des crimes qui leur sont imputés », a déclaré la procureure adjointe de la CPI, Fatou Bensouda.

Mis à jour le 16 mai 2012 à 16:38

L’ancien chef de milice Germain Katanga devant la CPI. © AFP

La Cour pénale internationale (CPI) a remis mardi 15 mai son réquisitoire final contre les deux ex-chefs de guerre congolais, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, dont le procès avait commencé le 24 novembre 2009.

« Les éléments de preuve constituent un tout, ils ne permettent de parvenir qu’à une seule conclusion : Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo sont coupables au-delà de tout doute raisonnable des crimes qui leur sont imputés », a déclaré la procureure adjointe de la CPI Fatou Bensouda en entamant son réquisitoire devant les juges à La Haye. « Les crimes commis ne sont pas le fruit du hasard : ils nécessitaient la contribution essentielle des accusés à la préparation et au déroulement de l’attaque contre le village de Bogoro », a-t-elle ajouté, soulignant que le dossier de l’accusation est logique et cohérent.

Germain Katanga, 34 ans, et Mathieu Ngudjolo Chui, 41 ans, sont accusés d’avoir ordonné, planifié et exécuté l’attaque du village de Bogoro en Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo) le 24 février 2003 au cours de laquelle plus de 200 civils avaient été tués en quelques heures, selon l’accusation.

"Victimes brûlées vives"

Les deux hommes sont restés impassibles à la lecture d’un réquisitoire particulièrement évocateur. Fatou Bensouda a notamment cité des extraits des dépositions de certains des vingt-quatre témoins de l’accusation et évoqué les « victimes brûlées vives », les « bébés projetés contre les murs » et les souffrances des femmes, esclaves sexuelles des membres des milices.

Les équipes de défense prononceront leurs plaidoiries lundi et mardi. Les accusés pourront alors s’exprimer pendant une demi-heure chacun, ce que compte faire Germain Katanga. Ce dernier affirme qu’il n’était pas commandant des Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI), l’une des milices alors active en Ituri, mais simplement chargé de la coordination.

Une version que conteste l’accusation. Selon Lucio Garcia, un membre du bureau du procureur, les milices étaient des groupes militaires structurées et hiérarchisées sous le contrôle de Germain Katanga lui-même. 

(Avec AFP)