Politique

Tunisie : Marzouki demande à la Suisse la restitution rapide des avoirs du clan Ben Ali

Le président tunisien, Moncef Marzouki, a souhaité le 28 mai que la Suisse restitue dans les plus brefs délais les avoirs du clan Ben Ali gelés depuis le début de 2011. Une demande qu’il a justifiée par la situation économique délicate que traverse la Tunisie.

Mis à jour le 29 mai 2012 à 10:22

Le président tunsien doit se rendre en Suisse en juin. © AFP

Moncef Marzouki souhaite que les avoirs du clan Ben Ali gelés par la Suisse début 2011 « revienne le plus tôt possible » en Tunisie. Dans une interview à la télévision publique suisse (RTS) dimanche 28 mai, le président tunisien a indiqué que la situation économique dans son pays – « 800 000 chômeurs (…), des régions (…) prêtes à exploser car les gens ne supportent plus la misère » – réclamait une « prise de conscience » des autorités politiques et des banquiers suisses. 

Moncef Marzouki doit se rendre à Genève dans les prochains jours dans le cadre de la conférence annuelle (assemblée générale) de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui démarre mercredi. Il compte profiter de cette occasion pour rencontrer le Conseil fédéral (gouvernement) » suisse. Une visite qui « sera l’occasion de revoir d’anciens amis politiques suisses et, je l’espère, de me faire de nouveaux amis », a indiqué le président tunisien.

« La Suisse est déterminée à rendre le plus rapidement possible les avoirs actuellement bloqués dont l’origine illicite a été établie. (…) Aucun autre pays n’a fourni plus d’effort » en ce sens, a réagi le ministère des Affaires étrangères suisse. Pour les autorités helvètes, il reste cependant à éclaircir « la question des propriétaires légitimes des fonds bloqués en Suisse », seul frein à la restitution des avoirs, indique-t-on à Berne.

Procédure pénale en cours

Un désaccord subsiste tout de même sur la somme concernée. En octobre dernier, Berne avait indiqué avoir bloqué pour 60 millions de francs suisses (48,7 millions d’euros) d’avoirs tunisiens. Des chiffres jugés « dérisoires » par le président tunisien. « Aujourd’hui, j’estime que nous parlons seulement du 10% des avoirs qui ont été déposés dans les banques suisses », considère-t-il.

Cette demande intervient alors qu’une « procédure pénale», visant notamment des personnes proches de l’ancien président Ben Ali pour soupçon de blanchiment d’argent et pour participation à une organisation criminelle, « est en cours auprès du ministère public de la Confédération (MPC, procureur) », ont révélé les autorités helvétiques.

(Avec AFP)