Politique

Tunisie : grogne sociale, le mouvement de grève prend de l’ampleur

La Tunisie est touchée depuis le mardi 29 mai par un fort mouvement de contestation mêlant revendications sociales et protestation contre des mesures gouvernementales. Après les magistrats mardi, les instituteurs, les médecins hospitalo-universitaires sont entrés en grève depuis le mercredi 30 mai.

Mis à jour le 31 mai 2012 à 10:45

Les magistrats tunisiens sont entrés en grève mardi. © AFP

Les instituteurs, les médecins hospitalo-universitaires ont rejoint mercredi 30 mai, le mouvement de contestation lancé mardi par les magistrats tunisiens dans tous les tribunaux du pays. Des grèves générales sont annoncées dans les prochains jours dans des régions de l’intérieur, notamment à Jendouba et le Kef du nord-ouest du pays.

Les conditions de vie précaires et le taux de chômage élevé sont à la base des revendications des enseignants et des médecins. « Nous souffrons d’un manque criant d’équipements. Il y a aussi des phénomènes de violences, des agressions à l’hôpital, et nous demandons à l’autorité de tutelle d’assurer notre sécurité », a déclaré à l’AFP le Dr. Habiba Mizouni, du syndicat général des médecins hospitaliers et dentistes.

La grève des instituteurs, qui exigent une prime de rentrée scolaire et les mêmes horaires que leurs collègues du secondaire, a été suivie mercredi à 85% selon les syndicats de l’enseignement. Une manifestation est prévue jeudi.

Magistrats en grève

Suite aux accords signés avec le gouvernement sur des majorations salariales, certaines grèves ont néanmoins été annulées, a affirmé Houcine Abassi, le secrétaire général de la principale centrale syndicale, l’UGTT. Il a précisé que les négociations allaient se poursuivre en vue de « répondre aux revendications des travailleurs ».

Mardi, les magistrats tunisiens sont entrés en « grève ouverte ». Ils dénoncent la décision prise samedi dernier par le ministre de la Justice Noureddine de révoquer quatre-vingt et un magistrats soupçonnés de corruption sous le régime de l’ancien président Ben Ali. « La révocation des magistrats est contraire aux fondements de la justice transitionnelle qui exigent de révéler la vérité au peuple et de juger ceux qui ont violé les droits, tout en garantissant des jugements équitables et surtout le droit à la défense »,  a contesté le du Syndicat des magistrats tunisiens (SMT) dans un communiqué.

(Avec Agences)