Société

Abandon des poursuites pour corruption contre Jacob Zuma

Le Parquet général sud-africain a abandonné les poursuites pour corruption qui visaient Jacob Zuma. Il a estimé qu’il y avait eu un « abus de pouvoir » à l’époque de l’inculpation du président de l’ANC.

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Mis à jour le 7 avril 2009 à 14:22

Le Parquet général sud-africain a annoncé lundi l’abandon des poursuites pour corruption contre le favori à la présidence Jacob Zuma, mettant un terme à huit ans d’enquête à moins de trois semaines des élections générales.

"Il n’est ni possible ni désirable pour le NPA (services du procureur général) de continuer les poursuites contre M. Zuma", a indiqué le procureur général Mokotedi Mpshe lors d’une conférence de presse au siège du NPA à Pretoria. Le procureur a motivé sa décision par la conduite "inappropriée" de Leonard McCarthy, qui était le chef des services d’enquête du NPA au moment de l’inculpation de Jacob Zuma.

« Abus de pouvoir »

Citant des extraits de conversations téléphoniques, M. Mpshe a estimé que M. McCarthy avait "abusé de ses pouvoirs" pour servir des motifs extérieurs à l’intérêt de la justice, au moment où il a décidé de la date de la mise en examen du leader.

"Cet abus de pouvoir (…) offense le sens de la justice et, dans ces conditions, il serait injuste de continuer les poursuites contre M. Zuma", a déclaré M. Mpshe, sans se prononcer sur le fond du dossier. Le chef du Congrès national africain (ANC) avait été inculpé pour corruption, racket et fraude fiscale, en décembre 2007, quelques jours après avoir raflé la tête de l’ANC au président Thabo Mbeki.

"Merci d’avoir cru en mon innocence"

Il était soupçonné d’avoir sollicité – alors qu’il était vice-président du pays (1999-2005) – des pots-de-vin auprès de la filiale sud-africaine du groupe d’armement français Thales pour la protéger d’une enquête judiciaire.

Jacob Zuma, qui devrait devenir président de la République après les élections générales du 22 avril, a toujours clamé son innocence, assurant être victime d’un complot politique visant à l’écarter du pouvoir.

"Merci d’avoir cru en mon innocence et de m’avoir fait confiance quand j’assurais être victime d’abus de pouvoir systématique", a-t-il déclaré mardi à l’adresse de ses partisans lors d’une conférence de presse à Durban (sud-est). "Ma conscience est claire, je n’ai commis aucun crime contre le peuple d’Afrique du Sud", a ajouté le chef du Congrès national africain (ANC).

Lundi, la décision du NPA a notamment été acclamée par 300 de ses partisans, réunis dans le centre de Johannesburg.