Société

Algérie – Halilhodzic : « Boudebouz et Feghouli ont les qualités pour être des leaders »

L’Algérie a bien commencé les qualifications pour la Coupe du Monde 2014 en battant largement le Rwanda (4-0, le 2 juin). Avant d’affronter les Aigles du Mali dimanche à Ouagadougou (Burkina Faso), Vahid Halilhodzic, le sélectionneur des Fennecs, s’est longuement confié à Jeune Afrique.

Mis à jour le 8 juin 2012 à 10:18

Halihodzic : « J’ai l’impression que ma méthode commence à rentrer dans certaines têtes ! » © AFP

Jeune Afrique : Depuis que vous avez été nommé sélectionneur en juillet 2011, l’Algérie est invaincue. Surtout, votre projet de jeu semble se mettre en place…

Vahid Halilhodzic : Quand je suis arrivé, j’ai regardé les statistiques : l’Algérie marquait très peu de buts, et lors de ses matches, elle faisait peu de passes. C’était une équipe qui jouait en contre, qui était efficace sur les coups de pied arrêtés. Mais moi, partout où je suis passé, j’ai voulu que mes équipes pratiquent un football offensif. L’Algérie a des joueurs de qualité, bons techniquement. Pour mettre en place mon projet, pour réussir, il n’y a qu’une solution : le travail !

Avant les matches face au Niger en amical (3-0, le 26 mai) et ceux de juin, une partie de la presse algérienne a critiqué votre choix d’organiser des stages, où il y avait peu de joueurs…

Si des gens n’arrivent pas à comprendre qu’on n’arrive à rien sans bosser et que le talent n’est pas toujours suffisant, ce n’est pas mon problème.

Vous savez, les critiques de certains journalistes, ça me laisse indifférent. Oui, j’ai organisé un stage en mai où il n’y avait que deux joueurs. Et un autre où ils n’étaient qu’une petite dizaine. Et alors ? Est-ce du temps perdu ? Non, car lors de ces stages, on bosse. Quand on a des échéances importantes comme celles du mois de juin, quand on veut se qualifier pour la CAN 2013 et la Coupe du Monde 2014, il faut travailler. Si des gens n’arrivent pas à comprendre qu’on n’arrive à rien sans bosser et que le talent n’est pas toujours suffisant, ce n’est pas mon problème.

Les résultats vous donnent pour l’instant raison…

Avec les bons résultats et le jeu produit, j’ai l’impression que ma méthode commence à rentrer dans certaines têtes ! On a des occasions, on marque des buts, on fait beaucoup plus de passes. C’est bien, mais il faut encore s’améliorer. Oui, Je suis exigeant. Et si on n’est pas d’accord avec ma façon de travailler, je m’en vais ! Mais j’ai la chance d’avoir le soutien de Mohamed Raouraoua, le président de la fédération.

Le Mali reste le favori du groupe.

Vous aviez demandé à Ryad Boudebouz (Sochaux) et Sofiane Feghouli de prendre leurs responsabilités. Répondent-ils pour l’instant à vos attentes ?

Oui. Ils doivent assumer, même s’ils sont jeunes, même si c’est difficile. Ils ont les qualités pour être des leaders. Dans le football moderne, on ne peut pas attendre trop longtemps. Ils ont du talent, et ils doivent encore progresser, simplifier leur jeu, être plus performants. Mieux défendre. Car si on joue un football offensif, il faut aussi penser à défendre. C’est le travail de toute l’équipe.

Est-ce une bonne chose d’affronter le Mali sur terrain neutre, dimanche à Ouagadougou ?

Déjà, il me semble logique que le match ait été délocalisé, en raison de la situation au Mali. Mais je pense que cette décision aurait dû être prise plus tôt. Je pense que ça peut-être un avantage d’affronter cette équipe malienne, qui reste pour moi le favori du groupe, sur terrain neutre. Mais ce sera de toute manière très compliqué. Le Mali a perdu son premier match au Bénin (0-1, le 3 juin), et il voudra forcément se racheter !

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Propos recueillis par Alexis Billebault