Diplomatie

Tunisie : confusion autour de l’extradition de l’ex-Premier ministre libyen, Baghdadi Mahmoudi

Le président tunisien Moncef Marzouki, le 31 mai 2012 à Hammamet.

Le président tunisien Moncef Marzouki, le 31 mai 2012 à Hammamet. © AFP

Le président tunisien Moncef Marzouki a déclaré le 7 juin son « opposition de principe » à l’extradition du libyen Baghdadi Mahmoudi. « La décision de l’extradition est prise », avait pourtant affirmé l’avocat de l’ex-Premier ministre de Kadhafi à Jeune Afrique, le 22 mai dernier, citant le ministre de la Justice. De quoi relancer un feuilleton judiciaire aux forts relens politico-diplomatiques.

La question de l’extradition de l’ex-Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi (en photo ci-dessous, © AFP)cristalliserait-elle le rapport de force qui s’installe entre le gouvernement tunisien et le président Moncef Marzouki ? C’est que laisse à penser la déclaration de M. Marzouki, jeudi 7 juin dans un entretien à la télévision privée Hannibal TV, qui « reste opposé à l’extradition » de M. Baghdadi ; une « position de principe » que l’on pourrait dire de précaution, le président tunisien mettant en avant le trop grand risque encouru par l’ancien chef de gouvernement du dictateur libyen « d’être torturé ou exécuté » en cas de retour dans son pays.

Appuyée par la Ligue tunisienne des droits de l’homme, cette prise de position entre en contradiction directe avec les signaux émis depuis plus de deux semaines par le gouvernement tunisien. Les autorités ont annoncé fin mai avoir conclu « un accord de principe » avec Tripoli pour l’extradition de M. Mahmoudi. « La décision d’extradition est prise » avait affirmé Me Bouaoucha, l’un des avocats de Baghdadi Mahmoudi, qui assurait avoir reçu l’information du ministre de la Justice tunisien. Les deux sons de cloches différents envoyés par la présidence et le gouvernement tunisien révèlent en réalité « un enjeu de politique interne », selon l’un des membres du Comité de défense de M. Baghdadi.

La décision finale revient à Marzouki

L'ancien Premier ministre libyen Ali al-Mahmoudi, le 28 octobre 2012 à Tunis.

Quoi qu’il en soit, la décision finale de l’extradition revient au seul président tunisien. Les autorités libyennes, pour encourager la procédure, auraient donné « des garanties écrites et verbales » sur le respect des droits et de l’intégrité physique de l’ex-Premier ministre libyen, a affirmé Hamadi Jebali, le Premier ministre tunisien. Un comité de personnalités tunisiennes s’est rendu en Libye et doit rendre prochainement un rapport sur ces garanties.

« Si Moncef Marzouki refuse l’extradition, il n’a qu’à sceller ce refus par décret et le libérer ! », s’emporte la même source du comité de défense de Baghdadi, avant de déplorer « le caractère imprévisible de M. Marzouki » et de dénoncer les « manœuvres politiciennes » qui entourent l’affaire Baghdadi. « Le gouvernement tunisien veut se servir de cette extradition pour établir les bases d’une collaboration diplomatique sereine avec le nouveau gouvernement libyen. »

Depuis sa cellule, Baghdadi Mahmoudi aurait décidé de se séparer de son comité de défense, et d’éviter toute manifestation « par peur de provoquer des pressions qui accéléreraient la procédure d’extradition ». « Attendre » semble être le maître-mot dans ce feuilleton judiciaire politico-diplomatique.

 

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