Politique

Tunisie : Ben Ali condamné à 20 ans de prison par un tribunal militaire

L’ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali était accusé d' »incitation au désordre, de meurtres et de pillages sur le territoire tunisien » par le tribunal militaire de Tunis. Il a été reconnu coupable et condamné à une peine de 20 ans de prison.

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Mis à jour le 13 juin 2012 à 15:00

Ben Ali a été condamné à 20 ans de prison par contumace dans l’affaire de Ouardanine. © AFP

Le tribunal militaire de Tunis a rendu mercredi 13 juin son verdict dans l’affaire dite de Ouardanine, relative à la mort de quatre jeunes tués par balles durant les violences qui ont secoué la ville de Ouardanine, dans l’est du pays, à la mi-janvier 2011. L’ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, toujours en fuite en Arabie Saoudite, a été condamné par contumace à 20 ans de prison pour « incitation au désordre, meurtres et pillages sur le territoire tunisien ».

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2011, au lendemain du départ de Ben Ali pour l’Arabie saoudite, quatre manifestants avaient été tués en tentant de s’opposer à la fuite de Kaïs Ben Ali, neveu du président déchu.

Les familles des victimes accusent des agents des forces de l’ordre d’avoir tiré sur les manifestants. Les jours qui avaient suivi la fuite de Ben Ali avaient été marqués par le chaos et la violence en Tunisie. De nombreuses exactions avaient été commises par des miliciens armés. Kaïs Ben Ali, potentat local de Msaken, une localité de la région d’origine de l’ex-président, a quant à lui été arrêté le 14 mars 2012, à Sousse (est).

Déjà 66 ans de prison

Si certains des accusés sont toujours en fuite, une quinzaine de membres des forces de sécurité étaient poursuivis dans ce dossier. Des peines de 5 à 10 ans de prison ont été prononcées par le tribunal militaire à leur encontre.

La justice a également accordé des indemnités, comprises entre 150 000 et 200 000 dinars (75 000 et 100 000 euros), aux familles des victimes.

La condamnation dans l’affaire de Ouardanine intervient alors qu’un autre tribunal militaire, au Kef (ouest de Tunis), doit se prononcer incessamment sur l’« affaire des martyrs de Thala et Kasserine ». La peine capitale a cette fois été requise contre Zine el-Abidine Ben Ali, poursuivi pour complicité d’homicide volontaire dans la mort de 22 manifestants tués en janvier 2011 dans la région centre du pays.

L’ex président Ben Ali a déjà cumulé 66 ans de prison de condamnation au civil. Il est notamment accusé de détournements de fonds, de trafic de drogue et d’abus de biens publics. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international avec son épouse Leïla Trabelsi, mais l’Arabie saoudite n’a jusqu’à présent jamais répondu aux demandes d’extradition tunisiennes.

(Avec AFP)