Politique

Tunisie : les salafistes renoncent à manifester

Craignant de nouvelles dérives violentes, le gouvernement tunisien a interdit toute manifestation pour ce vendredi. Les salafistes ont pris acte de cette décision en renonçant à sortir dans la rue pour défendre « les valeurs du sacré ».

Par
Mis à jour le 14 juin 2012 à 20:00

Des soldats tunisiens postés aux abords de la Kasbah, le 12 juin 2012 à Tunis. © AFP

Mis à jour le 15/06 à 10h20.

Après les violences et les nuits agitées du début de semaine, les salafistes ont lancé jeudi 14 juin des signes « d’apaisement » en renonçant à manifester vendredi pour « défendre les valeurs du sacré ».

« La manifestation est annulée pour respecter la décision du ministère de l’Intérieur » qui a interdit toute marche à travers le pays vendredi, a commenté Ajmi Lourimi, membre du bureau exécutif d’Ennahdha, parti qui domine le gouvernement et l’Assemblée nationale constituante. « C’est un signe d’apaisement. Toutes les forces et partis politiques veulent tourner la page. Le bon sens a prévalu sur la passion », a-t-il dit. « Nous espérons que notre pays reste en paix et que les Tunisiens restent unis sur l’essentiel », a-t-il ajouté, pronostiquant un « retour à la normale ».

Une heure plus tôt, la branche la plus radicale de la mouvance salafiste tunisienne, Ansar Al Charia, avait annoncé sur sa page Facebook qu’« après concertation de (ses) frères dans toutes les régions du pays et l’examen de la situation », le mouvement avait « décidé d’annuler les manifestations de vendredi ». « Nous appelons tous nos frères à comprendre cette décision et à ne pas se laisser entraîner par leurs émotions », poursuivait le communiqué du mouvement dirigé par l’ex-jihadiste Abou Iyadh.

Rassemblement à la Kasbah

Le parti islamiste Hizb Ettahrir a également renoncé à une marche. « Il n’y aura pas de manifestation demain », a déclaré Ridha Belhaj, porte-parole de ce parti interdit, qui prône l’application de la charia et la restauration du califat. « En revanche, il y aura un rassemblement à la Kasbah [place du siège du gouvernement à Tunis, NDLR] où nous expliquerons nos positions », a-t-il déclaré, précisant que « toutes les tendances » islamistes seraient présentes.

Jeudi, le ministère de l’Intérieur a interdit toute manifestation prévue le lendemain par les groupes salafistes, par crainte d’éventuelles dérives. Le porte-parole du ministère, Khaled Tarrouche, selon qui « des appels à la violence circulent sur Facebook », a ajouté que la « loi serait appliquée contre tout acte de violence ».

Le mouvement islamiste Ennahdha, qui domine le gouvernement et l’Assemblée nationale, a lui aussi appelé mercredi à « une marche pacifique pour défendre la révolution et les valeurs du sacré ».

(Avec AFP)