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Mali – Aqmi : Mokhtar Belmokhtar appelle au calme et à la concertation avec le MNLA

Dans un communiqué envoyé à l’agence de presse mauritanienne ANI, un des émirs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mokhtar Belmokhtar, tente de calmer le jeu après les affrontements violents de la semaine dernière à Gao entre les islamistes et le MNLA.

Mis à jour le 2 juillet 2012 à 13:19

Les combats entre les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et les Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), ont fait, les 26 et 27 juin, au moins 35 morts à Gao. Quarante-huit heures après les affrontements, Mokhtar Belmokhtar, l’un des leaders d’Aqmi, a appellé au calme et à la concertation dans un communiqué transmis à l’agence de presse mauritanienne ANI.

Le chef de la katiba des Moulethemin, qui communique généralement assez peu, explique avoir pris la plume pour « dire la vérité à la Oumma (communauté des croyants) » et « mettre un terme à toutes les surenchères ».

« Le borgne » commence par donner sa version des faits sur les combats entre djihadistes et Touaregs à Gao. « Nous avons été surpris, mardi 26 juin dernier, quand nous avons été ciblés par des tirs d’éléments du MNLA postés sur les toits du poste de commandement (PC) de ce mouvement. L’une de nos voitures a été touchée par des projectiles. Nous avons alors fait preuve de sang froid et convaincu les populations remontées de revenir au calme et de remettre les choses entre les mains du juge. Nous avons appelé le MNLA à livrer au juge les responsables de ces exactions. »

Les "honorables membres" du MNLA

Le chef d’Aqmi ne commente pas les explications du MNLA, qui parle de manipulation de la part des islamistes. Et il impute aussi la responsabilité de la bataille du lendemain, autour du palais du gouvernorat de Gao, aux combattants du MNLA. « Un moujahid fut tué suite à un tir venant des toits du poste de commandement du MNLA. Ce fut alors le début d’échanges violents entre les deux camps, qui se termineront par l’intervention de nos éléments pour encercler la zone (…) Des combattants du MNLA ont pris la fuite en direction de l’aéroport, cependant que d’autres ont été fait prisonniers, au moment où nous avons investi le poste de commandement. Des instructions ont été données pour épargner tous ceux qui se rendaient et réserver un meilleur traitement aux détenus (…) En somme, nous avons été contraints de faire, de façon limitée dans le temps et dans l’espace, usage de la force. »

Après avoir donné sa version des faits, Mokhtar Belmokhtar appelle à l’apaisement et au dialogue entre les différentes factions armées qui occupent le nord du Mali. Pour lui, il n’est pas question de guerre ouverte entre les islamistes et les Touaregs. « Nous n’avons pas voulu faire de cette action militaire une déclaration de guerre à aucune partie, pas même contre des membres ou des factions du MNLA, comme l’a prétendu un dirigeant de ce mouvement. » Il réclame ensuite la poursuite des échanges avec « les honorables membres » du MNLA, « pour une meilleure compréhension de nos positions respectives ». En guise de bonne foi, il précise avoir décidé la libération de « tous les prisonniers ».

Le djihadiste algérien termine son texte en dénonçant les conséquences néfastes que pourraient engendrer ce genre d’affrontements. « Nous mettons en garde contre toute tendance à vouloir mettre à profit cette situation pour engager cette région dans des conflits et des guerres ethniques, ou d’agir en intelligence avec les forces étrangères. Nous ne resterons pas bras croisés et nous réagirons à toute situation conformément à la charia. »