Politique

RDC : placé sous haute protection, Goma craint l’attaque des mutins du M23

Mis à jour le 10 juillet 2012 à 10:15

La proximité des rebelles Mouvement du 23 mars (M23) avec Goma inquiète les autorités congolaises et les Nations unies. Pour faire face à une éventuelle offensive des mutins vers la capitale du Nord-kivu, des troupes congolaises et des Casques Bleus ont été envoyés, ont annoncé lundi 9 juillet des responsables des Nations unies.

Les rebelles du Mouvement du 23 mars ont beau s’être retirés de la ville de Rutshuru à 60 km au nord de Goma, les autorités congolaises et les Nations unies craignent encore que les mutins ne lancent une offensive contre la capitale du Nord-Kivu, ont annoncé lundi soir des responsables des Nations unies.

Selon un responsable de l’ONU ayant requis l’anonymat, pour qui la prise de Goma « serait un désastre », le gouvernement congolais est en train de dépêcher sur place un bataillon stationné dans le nord du pays et entraîné par des instructeurs américains. Ce bataillon, chargé de combattre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui opère dans une large zone – Ouganda, RDC, République centrafricaine et Soudan du Sud -, doit se joindre aux 7 000 militaires déjà déployés au Nord-Kivu. Les soldats congolais devraient être épaulés par des hommes de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).  Des troupes ghanéennes, guatémaltèques, jordaniennes et égyptiennes, sous les ordres du général britannique Adrian Foster, font actuellement route vers Goma.

Entre vendredi et dimanche, les mutins du M23, dont les effectifs sont passés de 1 000 à 2 000 combattants ces dernières semaines, ont conquis Bunagana (poste-frontière avec l’Ouganda), puis une demi-douzaine de localités de la province du Nord-Kivu, dont Rutshuru. Ils se sont ensuite repliés vers Bunagana. Il s’agit de « laisser (la place) à la Monusco et à la police nationale pour sécuriser la population civile», selon le chef du mouvement le colonel Sultani Makenga

Le Conseil de sécurité doit examiner mardi la situation dans cette province voisine du Rwanda, accusée de soutenir la rébellion, tandis que se tiendra mercredi à Addis Abeba une réunion interministérielle des pays de la région des Grands lacs pour tenter de réduire la tension entre Kinshasa et Kigali.

(Avec AFP)