Économie

Réciprocité et expansion au coeur du 12e forum Agoa

Le 12e Forum ministériel Agoa s'est tenu à Addis-Abeba du 12 au 13 août sous le thème Transformation durable à travers le commerce et la technologie. © AFP

Réunis à Addis-Abeba du 12 au 13 août, les délégués ministériels américains et africains ont discuté du futur de l'Agoa. Cette loi américaine, qui réserve un accès préférentiel aux exportations des pays d'Afrique subsaharienne, arrive à expiration en 2015.

Le 12e Forum ministériel Agoa s’est tenu à Addis-Abeba du 12 au 13 août sous le thème « Transformation durable à travers le commerce et la technologie ». Cet événement a rassemblé les délégués ministériels africains et une délégation menée par le représentant des États-Unis pour le commerce extérieur, Mike Froman. Au cœur des discussions, la révision et la prorogation de l’African Growth Opportunity Act (Agoa, la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique) qui expire en septembre 2015. Adoptée en mai 2000, cette loi américaine exempte de droits de douane plus de 70% des produits en provenance d’Afrique subsaharienne. En 2013, 40 pays africains y ont été déclarés éligibles. Le Zimbabwe, la Guinée équatoriale et le Soudan notamment en sont exclus.

De nombreux progrès réalisés

Mike Froman, le représentant des États-Unis pour le commerce a évoqué les progrès réalisés grâce à cette loi. Ainsi, les exportations africaines réalisées dans le cadre de l’Agoa ont été multipliées par quatre depuis 2001 – elles s’élevaient à 34,9 milliards en 2012. Selon la Brookings Institution, un think tank basé à Wahington, l’initiative aurait participé à la création de 300 000 emplois directs en Afrique subsaharienne.

À la tribune, l’ambassadeur Froman a rappelé l’engagement du président Obama en faveur d’un « renouvellement sans à-coups de l’Agoa de manière à ce qu’il soit en ligne avec le système commercial mondial ». De fait, les principales pierres d’achoppement de l’initiative Agoa concernent la réciprocité et la sous-utilisation des préférences commerciales accordées.

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Renouvellement et réciprocité

Ainsi, les pays d’Afrique subsaharienne ne profitent que de 300 des 6 400 lignes tarifaires exemptées de droits de douane via l’Agoa et le Système généralisé de préférence (ouvert à tous les pays en voie de développement). En 2012, les produits pétroliers représentaient 86% des exportations africaines réalisées dans le cadre de l’Agoa.

En réponse à ces critiques, Fatima Haram-Acyl, commissaire de l’Union africaine pour le Commerce et l’industrie préfère souligner la part croissante des produits non-pétroliers, passés de 1,2 milliard de dollars en 2001 à 4,8 milliards en 2012. Sur la même période, le nombre de pays exportant des produits non-pétroliers dans le cadre de l’Agoa est passé de 13 à 22.

Ceci est dû en partie aux difficultés des producteurs africains à répondre aux exigences techniques des autorités américaines. À cet effet, l’African Competitiveness and Trade Expansion, un dispositif instauré par le président Obama en 2011, prévoit 120 millions de dollars d’investissement sur quatre ans afin de renforcer les capacités des pays d’Afrique subsaharienne à exploiter pleinement les avantages accordées par l’Agoa.

Réciprocité

Les États-Unis souhaitent également davantage de réciprocité et un meilleur accès aux marchés africains pour les exportations américaines. Comme l’a indiqué Mike Froman, pour améliorer l’initiative Agoa, « il est temps de déterminer ce qui a fonctionné pour les exportateurs africains et les entreprises américaines ».

Or les exportations Agoa représentent une part minoritaire des échanges hors-pétrole des pays africains. En 2011, 79% des importations américaines en provenance d’Afrique subsaharienne venaient de trois pays : le Nigeria (47%), l’Angola (19%) et l’Afrique du Sud (13%). Ceci réduit le pouvoir de négociation des États-Unis, notamment face aux concurrents tels que l’Union européenne. Cette dernière offre un accès libre de droits à presque toutes les exportations en provenance des Pays les moins avancées à travers l’initiative Everything But Arms (Tous sauf les armes). De la même façon, les Accords de partenariat économique (APE) en négociation avec les pays ACP couvrent plus de lignes tarifaires que l’Agoa.

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