Politique

Côte d’Ivoire : une journée à la CPI, en attendant Gbagbo

Des supporteurs de Laurent Gbagbo devant la CPI, à La Haye, le 30 octobre 2012. © Jan Hennop

Plusieurs centaines de personnes sont venues manifester leur soutien à Laurent Gbagbo devant la CPI, mardi 30 octobre, à La Haye. Mais elles ont attendu toute la journée sans voir l'ancien président ivoirien, qui n'a pas assisté à son audience. Ambiance.

Les jours passent, mais les supporteurs de Laurent Gbagbo, à défaut d’être aussi nombreux qu’avant, sont toujours aussi motivés. Ce mardi 30 octobre, ils étaient quelque 600 personnes à manifester leur soutien à l’ancien président ivoirien sur une pelouse à côté tribunal de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, où leur héros était attendu pour une audience technique, destinée à entendre les arguments des parties au sujet de son éventuelle libération provisoire, réclamée par la défense mais déjà refusée à deux reprises.

« On ne sait pas trop si Laurent Gbagbo sera là à l’audience d’aujourd’hui », explique le président du Cri panafricain Abel Naki, une demi-heure avant l’audience, programmée à 13 heures 30 GMT. Arborant chapeaux, pulls ou perruques extravagantes aux couleurs ivoiriennes (orange, blanc et vert), les manifestants chantent, dansent et crient des slogans en faveurs de leur idole. « Rendez-nous notre président ! », « CPI, voleuse de président ! »

Ci-dessus et ci-dessous : devant la CPI, le 30 octobre 2012, à La Haye.

© Nicolas Delaunay/AFP

Ils sont venus pour la plupart de France, mais aussi de Suisse ou Belgique. « Le grand mensonge, c’est que la communauté internationale a installé un président qui n’a pas été élu par son peuple ! » assure Willy Bla, un membre du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Gbagbo), en évoquant l’actuel président, Alassane Ouattara. « Le grand mensonge, c’est que notre président est mis derrière les barreaux et que les crimes continuent d’être commis ! », ajoute-t-il.

Deux personnes interpellées

Soupçonné de crimes contre l’humanité, Gbagbo, 67 ans, est dans l’attente d’un éventuel procès devant la CPI. Vers 13 heures 10 GMT, une voiture aux vitres teintées qui semble être un véhicule de police banalisé passe devant la CPI. La foule se rue vers la chaussée. « C’était lui ? », demandent les manifestants qui chantent de plus belle : « Libérez Gbagbo ! » La police interpellera deux personnes.

Mais Laurent Gbagbo ne viendra pas. Alors que l’accusation estime qu’il pourrait fuir en Côte d’Ivoire pour essayer d’y reprendre le pouvoir, son avocat, Emmanuel Altit, contre-attaque. « Son état de santé conforte son incapacité à s’enfuir, explique-t-il. C’est le président Gbagbo ! Il va s’enfuir où ? Et comment ? Essayons de réfléchir ! » L’audience durera 90 minutes environ avant de passer à huis-clos.

Les manifestants sont déçus de ne pas avoir vu « leur » président. « Il doit être en train de se reposer » dans sa cellule, assure Blandine tout en réchauffant une soupe de poisson sur une plaque de cuisson reliée à un groupe électrogène, histoire de braver le froid et une pluie de plus en plus intense. « On va encore rester un moment ici à chanter », poursuit-elle. Mais déjà, petit à petit, la nuit tombe sur La Haye.

(Avec AFP)

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