Politique

La dépouille de Yasser Arafat exhumée le 26 novembre ?

Les enquêteurs français chargés de l’instruction sur l’assassinat de Yasser Arafat sont attendus à Ramallah le 26 novembre. De leur côté, des scientifiques suisses du laboratoire de Lausanne étaient déjà sur place, lundi 5 novembre, pour peaufiner les « derniers détails » de l’exhumation.

Mis à jour le 5 novembre 2012 à 17:22

L’analyse de la dépouille de Yasser Arafat se rapproche. D’après des sources proches du dossier, les inspecteurs de la police judiciaire française, chargés d’une instruction sur la mort du leader palestinien, sont attendus à Ramallah le lundi 26 novembre. Ils doivent procéder, conjointement avec les experts suisses de l’Institut de radiophysique (IRA) de Lausanne, à des prélèvements sur les restes du leader palestinien pour tenter de faire la lumière sur son éventuel empoisonnement.

Une délégation de l’IRA était déjà sur place, lundi 5 novembre, pour examiner la tombe de Yasser Arafat. Elle a également discuté « des prochaines étapes » avec des responsables palestiniens, dont le chef de la commission d’enquête sur le décès de Yasser Arafat, Taoufiq Tiraoui. D’après lui, une ouverture de la tombe pour prélever des échantillons ne pourrait avoir lieu qu’en présence des deux équipes suisse et française.

Sans officiellement confirmer la présence des scientifiques suisses le 26 novembre à Ramallah, Darcy Christen, chargé de communication à l’IRA, a indiqué à Jeune Afrique que les choses évoluaient plutôt dans ce sens. « Notre équipe est actuellement là-bas pour régler les derniers détails. C’est complexe : on a le droit qu’à un seul essai, alors on s’assure que tout se passe bien. »

Procéder rapidement

L’opération se déroule dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte au tribunal de Nanterre pour « assassinat », suite à la plainte contre X déposée fin juillet par Souha Arafat, veuve de Yasser Arafat. De leur côté, les scientifiques de l’IRA de Lausanne agissent en tant qu’experts invités par l’Autorité palestinienne. Ce sont eux qui, dans un documentaire diffusé par la chaîne qatarie Al-Jazira, avaient découverts des traces anormalement élevées de polonium 210 sur les derniers effets personnels du leader palestinien. Cette révélation avait relancé la thèse d’un empoisonnement de Yasser Arafat, mort dans des circonstances troubles à l’hôpital militaire Percy à Clamart (région parisienne) en novembre 2004.

Depuis le début de la procédure, les scientifiques suisses insistent sur la nécessité de réaliser rapidement ses analyses. « Les traces de polonium disparaissent avec le temps, rappelle Darcy Christen. Si on procède à l’exhumation le 26 novembre, on est encore dans la fenêtre pour obtenir des résultats scientifiques satisfaisants. »

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Benjamin Roger (@benja_roger)