Politique

Présidentielle au Ghana : l’opposition contestera les résultats devant la justice

Le Nouveau parti démocratique (NPP), principale formation d’opposition ghanéen, a déclaré mardi 11 décembre qu’il contesterait devant la justice les résultats de l’élection présidentielle du 7 décembre. Cette décision intervient deux jours après l’annonce de la victoire du chef de l’État par intérim, John Dramani Mahama, devant le candidat du NPP, Nana Akufo-Addo.

Mis à jour le 11 décembre 2012 à 17:42

L’opposant ghanéen Nana Akufo-Addo vote à Asante-Achimagogo, le 7 décembre 2012. © AFP

Le Nouveau parti démocratique (NPP-principal parti d’opposition) a officialisé, mardi 10 décembre, son intention de contester les résultats de l’élection présidentielle du 7 décembre, publiés dimanche par la Commission électorale. « Nous irons devant les tribunaux », a déclaré aux journalistes Jake Obetsebi-Lamptey, président du NPP, à l’issue d’une réunion des responsables du parti dans leur quartier général d’Accra. Le recours de l’opposition sera déposé devant la Cour suprême du Ghana.

Le NPP avait dénoncé des fraudes systématiques lors du scrutin, avant même l’annonce officielle des résultats, dimanche, qui ont donné John Dramani Mahama vainqueur avec 50,70% des voix contre 47,74% pour Nana Akufo-Addo. 325 863 voix séparent les deux hommes. Les résultats du scrutin présidentiel avaient été jugés réguliers, lundi, par les observateurs locaux. Et des observateurs extérieurs du Commonwealth et de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) avaient également qualifié le scrutin de paisible et transparent.

« La loi électorale prévoit des dispositions si vous vous sentez lésé. Jusqu’à présent, ils [NPP] ont fait des allégations sans preuve valable… ils peuvent aller au tribunal. Cela fait partie de la loi électorale, à ce stade, c’est la seule voie qui s’offre à eux », a déclaré le président de la Commission électorale, Dr Kwadwo Afari Gyan. Selon les lois ghanéennes, tout parti dispose de 21 jours pour émettre un recours.

Voir la vidéo d’une manifestation de militants du NPP, le 11 décembre, à Accra :

Pressions

Débutée à 10 heures GMT, la réunion a duré plusieurs heures. Car le NPP est divisé sur la conduite à adopter. « Certains au sein du NPP estiment que leur dossier n’est pas assez solide pour engager une action en justice », confie une source diplomatique. Mais une autre frange refuse que le parti accepte de nouveau des résultats qu’il conteste. En 2008, il a fallu toute l’influence et la sagesse de John Kufuor pour que la situation ne dégénère pas. Quelques mois après l’élection, l’ancien président avait expliqué au quotidien britannique Financial Times que des poids lourds de son parti, le NPP, avaient tenté de faire annuler une partie des résultats qu’ils contestaient.

Toute la journée de lundi, les pressions se sont multipliées pour appeler Akufo-Addo à accepter les résultats. Le président de l’Union africaine, Yayi Boni, a personnellement rencontré le candidat du NPP en compagnie de l’ancien président John Kufuor. « Le monde entier vous regarde », lui a dit le président burkinabè.

Peu après la conférence de presse les responsables du parti ont pris la direction du rond-point Kwame Nkrumah d’Accra, où plusieurs milliers de partisans du NPP s’étaient rassemblés.

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Vincent Duhem, (@vincentduhem)