Économie

Flux financiers illicites : Mbeki bientôt à Kinshasa

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Mis à jour le 23 août 2013 à 15:32

L’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, président du Groupe des personnalités de haut-niveau contre les flux financiers illicites, se rendra en RD Congo du 26 au 28 août 2013. Il y rencontrera plusieurs responsables économiques ainsi que le président Joseph Kabila.

Lors d’une mission en RD Congo du 26 au 28 août prochain, Thabo Mbeki rencontrera le président congolais Joseph Kabila. L’ancien président sud-africain abordera avec lui la question des flux financiers illicites en provenance d’Afrique, dans le cadre du Groupe des personnalités de haut-niveau (GPHN) contre les flux financiers illicites en provenances d’Afrique, qui regroupe une dizaine de membres. Mis en place par la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA) et par l’Union africaine, le GPHN est opérationnel depuis février 2012. Mbeki, qui en est le président, ainsi qu’une délégation de la CEA dirigée par M. Emmanuel Nnadozie (directeur de la Division des politiques macroéconomiques de la CEA et chef du secrétariat du GPHN) rencontreront également certains membres du gouvernement, des experts, des dirigeants de plusieurs institutions étatiques, le Gouverneur de la Banque centrale, le président de la Cellule nationale des renseignements financiers ainsi que d’importants acteurs de la société civile.

Sept pays

L’objectif de la mission est d’aider à comprendre, selon un communiqué de la CEA, « quelle est l’ampleur et la complexité des flux financiers illicites en provenance de la RD Congo, quelles en sont les principales causes, ce que font les acteurs étatiques et non-étatiques pour enrayer ce phénomène et quels sont les obstacles qui entravent leurs efforts ».

Le GPHN mène sept études de cas pays sur la question des flux financiers illicites afin de formuler des recommandations claires sur leur maîtrise et de faire comprendre au G20 la nécessité d’améliorer la transparence et de renforcer le contrôle des banques et centres financiers internationaux ainsi que des centres financiers offshore qui reçoivent ces flux. Le panel s’est déjà rendu au Nigeria en mai dernier ainsi qu’à Lusaka, en Zambie, en juin. Le rapport définitif est attendu pour mars 2014.

50 milliards par an

Les flux financiers illicites sont constitués, entre autres, des transactions commerciales non déclarées ainsi que des activités criminelles caractérisées par des sur-facturations, l’évasion fiscale, les fausses déclarations, la mauvaise évaluation des prix des échanges commerciaux. Le phénomène est facilité par quelque 60 paradis fiscaux internationaux et juridictions secrètes qui permettent la création de millions de sociétés fictives, de trusts anonymes et de fausses fondations caritatives.

Le phénomène est difficile à quantifier précisément mais il est désormais clair que son ampleur en Afrique est très importante. Les flux atteindraient aujourd’hui environ 50 milliards de dollars chaque année.Un rapport conjoint de la Banque africaine de developpement (BAD ) et de l’ONG américaine Global Financial Integrity (GFI) estime ainsi que, entre 1980 et 2009, les sorties nettes de capitaux du continent africain ont atteint entre 597 et 1 400 milliards de dollars (1 000 milliards d’euros). Davantage que toute l’aide publique au développement reçu par le continent durant cette même période.