Politique

Tunisie : l’assassinat de Chokri Belaïd provoque une vague de manifestations anti-Ennahdha

L'opposant d'extrême-gauche Chokri Belaïd avait 48 ans. © Reuters

L'émotion est vive en Tunisie après l'assassinat par balles de l'opposant d'extrême gauche Chokri Belaïd, mercredi 6 février au matin. Des manifestations ont éclaté partout dans le pays, ainsi que des violences anti-Ennahdha. La question du couvre-feu est posée.

L’assassinat par balles, mercredi 6 février au matin, du secrétaire général du Parti des patriotes démocrates Chokri Belaïd, devant chez lui, met le feu aux poudres en Tunisie. Après les déclarations du frère de l’opposant tunisien, qui a accusé le parti islamiste Ennahdha (au pouvoir) et son chef Rached Ghannouchi d’être directement responsables du crime, des manifestations violentes ont éclaté un peu partout en Tunisie.

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À Mezzouna, à 75 km au sud-est de Sidi Bouzid (épicentre de la révolution tunisienne), et à Gafsa (centre), des manifestants ont saccagé les d’Ennahdha avant de les incendier, ont rapporté des habitants à l’AFP.

Dans ces mêmes villes, des manifestations pacifiques anti-islamistes étaient en cours à la mi-journée, les participants étant au nombre d’environ 700 à Gafsa et de 2 000 à Sidi Bouzid. Plusieurs centaines de personnes sont également sorties dans les rues de Kasserine, de Béja (nord-ouest) et de Bizerte (nord).

Foule grandissante à Tunis

À Tunis, sur l’avenue Habib Bourguiba, haut lieu de la révolte de 2011, une foule de plus en plus importante se réunissait devant le ministère de l’Intérieur. Vers 12h00, elle réunissait déjà quelque 2 000 manifestants.

De son côté, Rached Ghannouchi, a dénoncé l’assassinat de Chokri Belaïd. « Ils [les criminels, NDLR] veulent un bain de sang mais ils ne vont pas réussir », a-t-il déclaré, en rejetant toutes les accusations contre son parti, qu’il qualifie de règlements de compte politique.

Allié à Ennahdha, le président tunisien Moncef Marzouki a quant à lui annulé sa participation au sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), au Caire pour rentrer d’urgence à Tunis. « Il rentre en début d’après-midi », a déclaré Ghassen Dridi, un conseiller du chef de l’État joint par téléphone.

La présidence a aussi dénoncé dans un communiqué le meurtre de Belaïd comme « un crime odieux visant à mener le peuple tunisien à la violence » et a appelé à la retenue. la situation est suffisamment inquiétante pour que la question d’un couvre-feu se pose, selon nos sources.

(Avec AFP)

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