Politique

Le pape Benoît XVI démissionnera le 28 février

| Par Jeune Afrique
Le pape Benoît XVI lors d’une audience au Vatican le 19 décembre 2012.

Le pape Benoît XVI lors d'une audience au Vatican le 19 décembre 2012. © AFP

Le pape Benoît XVI a annoncé sa démission dans un discours prononcé lundi 11 février au Vatican. Sa décision prendra effet à partir du 28 février.

« Le pape a annoncé qu’il renoncera à son ministère à 20h00 (19h00 GMT), le 28 février. Commencera alors la période de "sede vacante" (siège vacant) », a précisé le père Federico Lombardi, dans une annonce quasiment sans précédent dans l’histoire de l’Église catholique.

Le pape Benoît XVI a expliqué lundi ne plus avoir les forces de diriger l’Église en raison de son âge. Arrivé sur le trône de Saint Pierre le 19 avril 2005, il fêtera son 86e anniversaire le 16 avril prochain. 

« Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer de façon adéquate le ministère pétrinien », a indiqué le pape en latin lors d’un consistoire au Vatican, dans la traduction en français qu’en a faite le Vatican par la suite.

Dans un livre interview en 2010, le pape avait évoqué la possibilité de sa démission au cas où il ne se serait plus senti en état de continuer.

Surprise

Pour exprimer sa surprise, le doyen des cardinaux Mgr Angelo Sodano a parlé de « coup de tonnerre dans un ciel serein ». Le chef du gouvernement italien démissionnaire Mario Monti s’est également dit très secoué par cette annonce. En marge d’un déplacement en banlieue parisienne, le président français François Hollande a jugé que la décision du pape Benoît XVI était « éminemment respectable ».

La dernière démission papale remonte à 1415, lorsque le pape Grégoire XII renonça à son titre pour résoudre le schisme d’Occident.

Les opérations de vote pour élir un nouveau pape doivent commencer entre 15 et 20 jours après la mort ou la renonciation du souverain pontife. Le Sacré-Collège est actuellement composé de 209 cardinaux, dont 118 cardinaux électeurs. Seuls les membres du Collège âgés de moins de 80 ans sont autorisés à voter. Pour valider l’élection du nouveau pape, les deux tiers des suffrages des électeurs présents sont requis.

Le texte de l’intervention du pape lors du consistoire au Vatican, traduit par Radio Vatican

« Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise.

Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié.

C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du coeur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Eglise de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife.

Quant à moi, puissé-je servir de tout coeur, aussi dans l’avenir, la Sainte Eglise de Dieu par une vie consacrée à la prière. »

(Avec AFP)

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