Politique

Togo : Agbéyomé Kodjo, une libération et des questions

Après les incendies à la mi-janvier de deux marchés du pays, les autorités togolaises ont mis aux arrêts plusieurs membres de l’opposition, soupçonnés d’être derrière ces « actes criminels ». Parmi ces derniers, l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, a finalement été remis en liberté, le 25 février.

Mis à jour le 27 février 2013 à 08:50

L’ancien Premier ministre togolais Agbéyomé Kodjo libéré le 25 février © AFP

Premier libéré dans l’affaire des incendies des marchés, l’ancien Premier ministre togolais et responsable de l’opposition Agbéyomé Kodjo avait été interpellé à la mi-janvier dans l’affaire des incendies de deux marchés du pays. Après un mois de détention, il a été remis en liberté le 25 février, mais a affirmé avoir subi des actes de torture.

« J’ai été libéré lundi soir à 23h45. Je suis très faible, car je suis malade. J’ai été physiquement, moralement et psychologiquement torturé », a-t-il déclaré, rejetant par ailleurs toute accusation portée contre lui. « Je ne suis mêlé ni de près, ni de loin à ces incendies », a-t-il ajouté.

Le principal marché de Lomé et le marché de Kara, à 420 km au nord de la capitale togolaise, ont été ravagés en janvier par des incendies qui n’ont pas fait de victime mais ont occasionné des pertes financières importantes – environ 6 milliards de FCFA (soit 9 millions d’euros) – selon les résultats d’une commission mise en place par le gouvernement togolais.

Mission d’experts français

Les autorités du pays avaient alors dénoncé ces "actes criminels" et ouvert une enquête. Une mission d’experts français sur les incendies doit rendre son rapport aux autorités togolaises d’ici à la fin de février. Au total, 24 personnes ont été placées sous mandat de dépôt dans cette affaire, parmi lesquelles plusieurs membres de l’opposition. Mais à ce jour, seul l’opposant Agbéyomé Kodjo a été remis en liberté et la gendarmerie n’a pas souhaité donner de détails sur ce qui a motivé sa libération.

Avant de passer dans l’opposition, à la tête de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo Solidaire (OBUTS), l’homme a pris part au régime de Gnassingbé Eyadéma en tant que président de l’Assemblée Nationale (1999-2000) puis Premier Ministre (2000-2002).

(Avec AFP)