Politique

Bénin : selon les autorités, Patrice Talon serait lié à une nouvelle tentative de coup d’État

Patrice talon a été proche du président béninois Boni Yayi. © Ty/Erick Ahounou

Un nouveau mandat d'arrêt international va ête délivré contre l'homme d'affaires Patrice Talon, a annoncé le procureur de la République du Bénin, Justin Gbenameto. En cause : sa participation présumée à une nouvelle tentative de coup d'État.

Patrice Talon est-il mêlé à une nouvelle tentative de déstabilisation du régime béninois ? Après avoir révélé que deux personnes avaient été arrêtées à Cotonou « pour une tentative d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État », le procureur de la République, Justin Gbenameto, a annoncé, lundi 4 mars, qu’un nouveau mandat d’arrêt international [était] en cours » contre l’homme d’affaires. « Il n’est pas encore officiellement délivré, nous y travaillons », a-t-il précisé.

Dimanche, Justin Gbenameto avait déclaré que deux hommes, un colonel, Pamphile Zomahoun, et un homme d’affaires, Johannes Dagnon, auraient tenté de commettre un attentat pour empêcher le retour du président Yayi Boni qui était en déplacement à l’étranger, afin de remettre le pouvoir à un groupe de militaires. « Selon les premières informations que j’ai reçues, l’idée de ce coup de force était d’empêcher le chef de l’État de rejoindre Cotonou » après un voyage en Guinée Équatoriale « et instituer un régime militaire qui contraindrait le président Boni Yayi à l’exil », a affirmé le procureur.

Associés

Johannes Dagnon, directeur de la Fiduciaire d’Afrique, un important cabinet d’audit de Cotonou, est un cousin de Patrice Talon, auquel il est lié dans les affaires. Pamphile Zomahoun a également collaboré avec le magnat du coton, en 2011 et 2012, dans le cadre du programme de vérification des importations, géré à l’époque par ce dernier.

Accusé par la justice de son pays d’avoir voulu empoisonner le président Boni Yayi, et visé par un premier mandat d’arrêt international, Patrice Talon avait été arrêté à son domicile parisien au début de décembre avant d’être remis en liberté moins de 24 heures plus tard. Placé sous contrôle judiciaire, il avait remis son passeport aux autorités françaises.

Diversion ?

« Au lieu de penser aux problèmes de délestage, de crise économique et autres, nous voici encore en présence d’un autre dossier », s’est indigné l’avocat béninois de MM. Talon et Dagnon, Me Joseph Djogbenou, s’adressant lundi à la presse devant la cour de Cotonou, avant d’inviter les juges à « joue(r) leur rôle pour que la vérité triomphe ».

Un député de l’Union fait la nation (UFN, opposition), Antoine Idji Kolawolé, joint par l’AFP, s’est dit lundi « étonné » qu’il y ait encore aujourd’hui au Bénin « une place pour les coups d’État ». « Heureusement qu’ils n’ont pas parlé de l’opposition. Mais si les propres amis de (Boni) Yayi sont fatigués de lui, nous leur demandons (…) de prendre leur mal en patience et d’attendre un régime normal, nous sommes en démocratie », a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

 

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