Politique

Mali : le colonel-major Ag Gamou rappelé à Bamako

Certains hommes de Gamou (au centre) le suivent depuis 20 ans. © Émilie Renier/JA

Le colonel-major El Hadj Ag Gamou et les militaires français ne s’entendent visiblement pas au sujet du rôle que doit jouer le MNLA au nord du Mali. Le militaire loyaliste touareg a été rappelé de toute urgence à Bamako pour des explications.

Le colonel-major El Hadji Ag Gamou, qui dirigeait des opérations militaire contres les jihadistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) à Gao a été rappelé par le chef d’état-major général des armées à Bamako, au milieu de la semaine dernière.

À Bamako, en coulisses, on indique que ses divergences avec les militaires français au front, notamment dans la gestion du dossier du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), sont à l’origine de cette convocation. De fait, Ag Gamou avait été responsable de l’arrestation de Abdoul Karim Ag Matafa, membre important MNLA, alors que celui-ci se rendait à un rendez-vous avec les militaires français à Menaka, le 9 février.

"Pas de problème"

Il aurait également été impliqué dans l’évasion du maire de Tarkint, Baba Ould Cheick, qui avait été arrêté en février car figurant sur une liste de personnes recherchées par la justice malienne pour trafic de drogue. En outre, des bruits persistants faisaient état du projet d’Ag Gamou de se rendre avec ses 700 combattants à Kidal (au nord du Mali), une ville jusque là sous le contrôle des forces françaises, en ce qui concerne l’aéroport et, pour le reste, du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) et du MNLA. 

En bon militaire, Ag Gamou ne souhaite pas s’étendre sur ces dissenssions. « Je suis là (à Bamako), dans le cadre du travail et pas d’autre chose. Il n’y a pas de problème », assure-t-il. Mais dans son entourage proche, on reconnaît qu’il est très affecté par sa convocation. « Depuis son retour à Bamako, Gamou est complètement démoralisé, il nous a dit qu’il ne reprendrait l’initiative qu’après la tenue des élections, car cette façon de gouverner le pays ne lui plaît pas », confie à J.A. l’un de ses fidèles.

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Par Baba Ahmed, à Bamako
 

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