Politique

RDC : le M23 pro-Makenga nie l’existence d’un projet d’accord avec Kinshasa

Sultani Makenga (d) le 8 juillet 2012 à Bunagana, près de la frontière avec l'Ouganda. © AFP

La faction rebelle du Mouvement du 23-Mars (M23), tendance pro-Sultani Makenga, affirme ne pas avoir connaissance d'un quelconque projet d'accord avec Kinshasa qui pourrait déboucher sur l'intégration de ses hommes dans l'armée régulière congolaise. La signature d'un tel compromie était attendue pour le 15 mars, sanctionnant ainsi les pourparlers de Kampala.

« Notre Mouvement affirme haut et fort ne pas être saisi ni par la facilitation ni par le gouvernement de Kinshasa à ce sujet », affirme un communiqué signé, le 13 mars, par Bertrand Bisimwa, nouveau président politique du M23 pro-Makenga. Une déclaration destinée à mettre fin aux rumeurs de plus en persistante qui annonçaient la signature, le 15 mars, d’un accord de paix entre la délégation de Kinsahsa et la faction rebelle qu’il dirige, à l’issue des discussions de Kampala.

Quelques jours plus tôt, Lambert Mende laissait entendre pourtant que le pouvoir de Joseph Kabila avait reçu des « offres du groupe Makenga disant qu’ils veulent renoncer à la rébellion et intégrer l’armée gouvernementale ». Le porte-parole du gouvernement congolais n’était pas immédiatement joignable, le 13 mars, pour réagir à ces développements.

Intégration des rebelles du M23

L’accord annoncé devait mettre un terme à l’affrontement qui dure depuis avril 2012 entre le M23 et l’armée régulière congolaise. En contrepartie, une partie des rebelles devaient être intégrés dans l’armée et les réformes politiques régionales accélérées en vue d’une plus grande décentralisation.

Si ce document existe, il devrait faire l’objet d’une négociation entre notre mouvement et le gouvernement de la RDC.

Seulement voilà, la faction du M23 dirigée par le général Sultani Makenga, pourtant considérée jusqu’à présent comme favorable à une pacification, a annoncé qu’elle n’avait eu connaissance d’avancée dans les pourparlers. « Si ce document existe, il devrait faire l’objet d’une négociation entre notre mouvement et le gouvernement de la RDC en présence de la facilitation », assurée par l’Ouganda, poursuit-il.

Depuis la signature le 24 février par onze pays africains, d’un accord-cadre pour la pacification de l’est congolais, une scission s’est produite au sein du M23. La nouvelle donne sur le terrain éloigne chaque jour davantage la possibilité d’un retour rapide à la paix dans la partie est de la RDC. Des combats opposent désormais les deux factions qui se partagent des zones adossées au Rwanda et à l’Ouganda. Les deux responsables affirment l’un et l’autre diriger le M23 et en avoir exclu leurs rivaux.

La rébellion du M23, déclenchée en avril 2012, a aggravé la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu. Selon un groupe de responsables d’ONG et d’experts de la région, le nombre de groupes armés répertoriés est passé en moins d’un an de 10 à 30. L’ONU estime, de son côté, que 500 000 personnes ont été déplacées ou se sont réfugiées au Rwanda et en Ouganda.

(Avec AFP)

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