Politique

Centrafrique : les rebelles de la Séléka vont reprendre les armes

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Le Colonel Christian Djouma Narkoyo, le 18 janvier 2013.

Le Colonel Christian Djouma Narkoyo, le 18 janvier 2013. © AFP/Patrick Fort

Près de trois mois après la signature des accords de Libreville, les rebelles de la coalition Séléka ont annoncé, mercredi 20 mars, qu’ils allaient reprendre les armes. Ils reprochent au pouvoir à Bangui de ne pas avoir respecté les termes de ces accords.  

Va-t-on assister à la reprise des hostilités entre les rebelles de la Séléka et le régime de Bangui ? Mercredi 20 mars, le colonel Djouma Narkoyo, un des chefs militaires de la Séléka, a déclaré que « l’ultimatum », lancé dimanche au gouvernement, ayant pris fin, la coalition rebelle centrafricaine allait reprendre les armes. « Cela ne veut pas dire que nous allons attaquer maintenant ici ou là. On est sur (on étudie) la stratégie », a-t-il précisé.

Depuis dimanche, les chefs militaires de la Séléka basés à Sibut retiennent cinq ministres issus de leurs rangs. Ils avaient donné 72 heures au président Bozizé pour « libérer tous les prisonniers politiques, faire partir les forces étrangères et faire lever des barrages (policiers et de partisans du président) à Bangui », en respect de l’accord signé le 11 janvier à Libreville. C’est cet ultimatum qui expirait mercredi.

Parmi les demandes présentées par les rebelles, figurent également l’intégration dans les forces de défense et de sécurité de 2 000 combattants, et la reconnaissance des grades obtenus dans la rébellion. Mardi, le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, s’est étonné que ces « nouvelles revendications qui n’ont jamais figuré dans les accords de Libreville soient formulées par la coalition Séléka ».

« C’est la base qui a décidé »

Après le coup de force de dimanche, il semblerait que le rapport de force au sein de la rébellion ait évolué. Selon le colonel Narkoyo, les cinq ministres du Séléka, retenus à Sibut, parmi lesquels figure Michel Djotodia (leader supposé du mouvement), « n’ont plus leur mot à dire. Ils ont été au gouvernement, ils ont travaillé et rien n’a changé. C’est la base qui a décidé, c’est le général Issa (Issaka) qui est le chef d’État-major qui dirige ».

La France qui avait envoyé des soldats à Bangui pendant la crise a demandé, mercredi, à toutes « les parties de s’abstenir de tout recours à l’option militaire, qui n’aurait pour effet que de dégrader encore la situation sécuritaire et humanitaire ». « Nous, on respecte les accords de Libreville. Nous demandons à la France de mettre la pression sur Bozizé et pas sur nous. C’est Bozizé qui peut amener la paix mais il amène la guerre », a répondu le colonel Narkoyo. « Ce matin on a encore eu des informations selon lesquelles les Forces armées centrafricaines (Faca) avaient encore arrêté des gens à Bangui », a-t-il ajouté.

De leur côté, les rebelles ont refusé de se retirer vers les villes de Bria, Kaga Bandoro et Ndélé, conformément à l’article 17 des accords. Le gros des troupes (environ 2 000 hommes) se trouve à Sibut alors que la Séléka revendique contrôler neufs localités réparties entre le nord, le centre et l’est de la République centrafricaine : Kaga-Bandoro, Sibut, Alindao, Ndélé, Bria, Bambari, Rafaï, Soamoandja, et Bangassou.

(Avec AFP)
 

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