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Centrafrique : la nouvelle chance de Nicolas Tiangaye

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Nicolas Tiangaye, à Bangui, au siège de la Primature, le 11 mars 2013.

Nicolas Tiangaye, à Bangui, au siège de la Primature, le 11 mars 2013. © Vincent Fournier/JA

Premier ministre issu des accords de Libreville, Nicolas Tiangaye a été reconduit à son poste, mardi 26 mars, par Michel Djotodia, le nouvel homme fort de la Centrafrique.

Le 11 mars, lorsqu’il avait reçu Jeune Afrique à Bangui dans son bureau du cinquième étage de la Primature, Nicolas Tiangaye disait de ses rapports avec François Bozizé qu’ils étaient « fluides ». Depuis, le président déchu, chassé de la capitale centrafricaine, s’est réfugié au Cameroun. Tiangaye, lui, a été reconduit, mardi 26 mars, au poste de Premier ministre par le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodia, et tient aujourd’hui un tout autre discours. « Nos relations étaient trop conflictuelles », a-t-il déclaré, mercredi à l’AFP.

Une version sans doute plus proche de la réalité, tant François Bozizé, contraint de nommer à l’issue des accords de Libreville celui qui fut un de ses farouches opposants, a tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues. Les deux hommes, tous deux francs-maçons, se disputaient notamment le contrôle des maigres ressources du pays.

Ainsi, lors de la formation du gouvernement d’union nationale, le 3 février, Bozizé avait imposé ses proches aux portefeuilles stratégiques, avec rang de ministre délégué. Nommé vice Premier ministre, le colonel Anicet Parfait Mbaye, qui fait partie des militaires qui l’avaient aidé à prendre le pouvoir en 2003, avait ainsi été chargé de surveiller Tiangaye. Tandis que Dieudonné Tokofeïssé, ancien directeur de cabinet de l’influent ministre sortant Albert Besse, le secondait aux Finances.

De meilleures relations ?

Tiangaye aura-t-il une plus grande marge de manouvre avec Michel Djotodia ? Celui qui fut président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme (LCDH) de 1991 à 2003 est persuadé que leurs relations « seront meilleures ». Tout en concédant que « l’avenir seul dira si ces relations vont se consolider ou se détériorer. »

Car si Djotidia était membre du gouvernement de Tiangaye (ministre de la Défense et vice Premier ministre), les deux hommes n’ont pas réellement eu le temps de faire connaissance. Souffrant d’une rage de dents, le patron de la Séléka a passé la majeure partie de son temps dans la capitale gabonaise pour s’y faire soigner.

Contraint « au réalisme politique » et au discours de circonstance, Tiangaye tente aujourd’hui de ménager Djodotia (comme il a pu le faire avec Bozizé) défendant sa décision de suspendre la Constitution. Son maintien « avec la situation actuelle n’est pas envisageable. On ne peut pas maintenir la Constitution. C’est juridiquement impossible. Bien entendu, il faudra y revenir dans trois ans, à la fin de la période de transition qui doit déboucher sur des élections. »

Sécuriser le pays

« Les accords de Libreville ont été reconduits dans tous les actes constitutionnels et je suis reconduit sur la base des accords politiques de Libreville. La donne a changé mais tous les acteurs sont restés les mêmes », a-t-il souligné, indiquant qu’il composera un gouvernement d’union nationale donnant une représentation à toutes les tendances.

Ce gouvernement aura pour principale mission de sécuriser le pays et notamment sa capitale Bangui, en proie aux pillages depuis l’offensive de la Séléka. Afin de mettre un terme à cette insécurité le ministre de la Communication centrafricain et porte-parole des rebelles, Christophe Gazam Betty, a demandé mercredi à « tous les hommes en armes » de « se faire identifier » sur deux sites militaires.

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Par Vincent Duhem

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