Politique

Égypte : Morsi attendu au Soudan, une visite « historique » selon Khartoum

Les présidents Omar el-Béchir (g) et Mohamed Morsi, le 26 mars 2013.

Les présidents Omar el-Béchir (g) et Mohamed Morsi, le 26 mars 2013. © AFP

Le président égyptien Mohammed Morsi se rend, jeudi 4 avril, à Khartoum, en visite officielle. Un déplacement qualifié d’ »historique » par le Soudan.

Le président Mohammed Morsi est attendu en début d’après-midi à Khartoum. Selon les médias officiels soudanais, une rencontre est prévue avec son homologue Omar el-Béchir, des dirigeants de partis politiques et des membres de la communauté égyptienne. « C’est une visite historique en raison des relations stratégiques profondes entre les peuples de deux pays », a indiqué à l’AFP Emad Sayed Ahmed, porte-parole du président soudanais.

Les deux dirigeants islamistes s’étaient précédemment entretenus au Caire en septembre dernier. Les discussions avaient porté sur les liens commerciaux, les transports, les investissements, et le pacte des « quatre libertés » donnant aux citoyens des deux pays la liberté de mouvement et d’entreprendre dans le pays voisin. « Certaines questions déjà abordées » lors de cette rencontre seront approfondies a indiqué M. Ahmed, sans plus de précision sur les sujets devant faire l’objet de discussions.

"Distances"

Le Soudan est un important partenaire de l’Égypte sur les plans agricoles et des ressources hydriques, en particulier en ce qui concerne le partage des eaux du Nil. « Le Soudan est très important pour l’Égypte, il l’a été et le sera dans l’avenir, pour de nombreuses raisons », souligne le politologue Safwat Fanous, de l’Université de Khartoum, évoquant notamment les ressources du Nil et les relations étroites entre les deux peuples. L’ancien premier ministre égyptien, Essam Charaf, avait déclaré que l’Égypte était le troisième investisseur au Soudan, avec des montants de 5,4 milliards de dollars.

Cependant, Mohammed Morsi aurait apparemment tenté de reporter sa visite au Soudan. Les Frères musulmans, auxquels il appartient, souhaitaient « garder leur distance » à l’égard du régime du président Béchir, isolé sur la scène internationale. Le dirigeant soudanais est sous le coup de plusieurs mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour, région de l’ouest soudanais en proie à la guerre depuis 10 ans. Le Soudan est soumis à des sanctions commerciales américaines depuis 1997, Washington accusant Khartoum de soutenir le terrorisme, de chercher à déstabiliser les États voisins et violer les droits de l’homme.
 

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