Politique

Togo : l’ancien ministre Pascal Bodjona mis en liberté provisoire

Inculpé dans une affaire d’escroquerie à la nigériane, l’ancien ministre togolais de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona, a été mis en liberté provisoire, mardi 9 avril. 

Mis à jour le 10 avril 2013 à 14:15

Pascal Bodjona, ex-ministre togolais de l’Administration territoriale. © AFP

Un communiqué du parquet de Lomé, lu dans la nuit du mardi 9 avril à la télévision togolaise, indique que le juge d’instruction a décidé de mettre Pascal Bodjona en liberté provisoire sous contrôle judiciaire, suite à une demande qu’il a introduite le 5 avril par le biais de ses avocats.

« Pascal Bodjona a été remis en liberté provisoire (…) à la suite d‘une décision des juges », a confirmé son avocat, Me Kpandé-Adzaré, joint au téléphone par Jeune Afrique. « Le fait que nous soyons dans un dossier de crime économique et que les juges (…) ont ordonné sa relaxe sans aucune demande de cautionnement est la preuve que M. Bodjona ne sait rien de ce dossier. Mon client est la victime d’une machination politique », a-t-il ajouté.

Escroquerie à la nigériane

Pascal Bodjona avait été inculpé, le 12 septembre, pour complicité dans une affaire d’« escroquerie à la nigériane », opposant Bertin Sow Agba (togolais) au richissime homme d’affaires émirati Abbas al-Youssef. C’est à cette même affaire que l’ancien patron de la compagnie pétrolière Elf, Loïk Le Floch-Prigent, a été mêlé.

À l’époque Bertin Sow Agba se serait présenté comme le mandataire d’un ayant-droit du défunt président ivoirien Robert Gueï, laissant entendre, qu’à sa mort, ce dernier aurait laissé une fortune estimée à 275 millions de dollars, bloquée sur un compte en banque au Togo. Le prétendu ayant-droit aurait alors demandé l’aide d’Abbas afin de pouvoir accéder au pactole, lui faisant miroiter un alléchant pourcentage. Abbas ne reverra évidemment jamais la somme avancée, soit 48 millions de dollars.

Aujourd’hui, l’Émirati accuse Agba d’avoir organisé cette arnaque, avec la complicité de Pascal Bodjona, alors ministre de l’Administration territoriale, qui aurait apporté sa caution morale à la transaction.

"Faux et archi faux"

« Faux et archi faux, j’ai été arrêté pour une affaire dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissants (…) », a déclaré Pascal Bodjona joint au téléphone mercredi matin. Porte-parole du  gouvernement de décembre 2007 à juillet 2012, Bodjona a été également directeur de cabinet du président Faure Gnassingbé de 2005 à 2007.

Arrêté en septembre 2012 à l’aéroport d’Abidjan puis extradé vers Lomé alors qu’il arrivait du Congo, l’ancien patron de la compagnie pétrolière française Elf, Loïk Le Floch-Prigent, a été également inculpé pour « complicité d’escroquerie » dans cette  affaire. Il a été écroué 6 mois à la gendarmerie de Lomé avant d’être remis en liberté provisoire le 26 février pour des « raisons de santé ».